Le Comité de Bâle durcit les règles applicables aux G-SIB pour lutter contre le window dressing et relève le seuil de déclaration
Les régulateurs bancaires mondiaux renforcent les règles de publication d’informations pour les plus grands prêteurs afin de limiter les ajustements à court terme du bilan susceptibles d’influencer les scores d’importance systémique. Ces changements imposent la déclaration de moyennes annuelles pour les principaux indicateurs d’ici janvier 2030 et s’accompagnent d’une consultation sur le traitement des expositions transfrontalières au sein de l’Union bancaire européenne.
Points forts
- Le Comité de Bâle exigera des G-SIB qu’elles déclarent tous les indicateurs de stock en utilisant des valeurs moyennes sur l’année de déclaration, à compter du 1er janvier 2030.
- Le seuil de déclaration et de publication des G-SIB passera de 200 milliards d’EUR à 350 milliards d’EUR d’exposition aux fins du ratio de levier à partir de 2027.
- Le Comité consulte sur l’intégration des expositions transfrontalières au sein de l’Union bancaire européenne dans la méthodologie G-SIB, les retours des parties prenantes étant attendus d’ici le 14 janvier 2027.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Modifications des règles et calendrier de consultation
Comme l’a indiqué la Banque des règlements internationaux, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire a finalisé des modifications du cadre applicable aux banques d’importance systémique mondiale, ou G-SIB, afin de lutter contre les pratiques de window dressing. Selon la norme révisée, les banques participant à l’évaluation des G-SIB devront déclarer et publier tous les indicateurs de stock utilisés dans le calcul des scores G-SIB sur la base de valeurs moyennes sur l’année de déclaration, plutôt que de chiffres de fin d’année, à compter du 1er janvier 2030.Le Comité indique que le window dressing sert à réduire temporairement l’empreinte systémique perçue des banques autour des dates de référence utilisées pour la déclaration et la publication des scores G-SIB. Il précise qu’un tel comportement est inacceptable, car il compromet les objectifs de ses normes et risque de perturber le fonctionnement des marchés financiers.
Le Comité de Bâle précise également qu’il relève le seuil de déclaration et de publication applicable aux G-SIB de 200 milliards d’EUR à 350 milliards d’EUR d’exposition aux fins du ratio de levier. Cette modification devrait entrer en vigueur à partir de 2027.
Conséquences pour les banques et révision de la méthodologie
Cette mesure vise à rendre plus difficile, pour les grandes banques, la réduction de leurs scores G-SIB par une gestion à court terme du bilan en fin de période. En passant à des valeurs moyennes annuelles, les régulateurs cherchent à obtenir une vision plus cohérente de l’empreinte systémique d’une banque au fil du temps, plutôt qu’un instantané en fin d’année.Par ailleurs, le Comité consulte sur l’opportunité d’intégrer dans la méthodologie G-SIB le traitement précédemment convenu des expositions transfrontalières au sein de l’Union bancaire européenne. Les parties prenantes sont invitées à formuler des commentaires sur tous les aspects de la consultation d’ici le 14 janvier 2027.
Dans notre précédent article sur l’initiative de la Banque d’Angleterre visant à inciter les banques à planifier une reprise « bare metal », nous avons expliqué pourquoi les superviseurs veulent que les grands prêteurs soient en mesure de rétablir les services critiques même si les technologies centrales sont compromises. L’article a souligné comment l’IA amplifie l’ampleur et la complexité des cyberattaques, incitant les régulateurs à relever leurs exigences en matière de résilience opérationnelle et de planification d’urgence dans l’ensemble du système financier.
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