Le Bureau de la concurrence du Canada définit son programme d'application de la loi autour de la résilience et de la concurrence sur les marchés
L'autorité canadienne de la concurrence positionne la concurrence sur les marchés comme un élément central de la stratégie de résilience économique du pays, dans un contexte d'incertitude géopolitique et technologique. Dans des remarques préparées pour être prononcées le 15 octobre 2026, la commissaire intérimaire Jeanne Pratt a déclaré qu'une concurrence intérieure plus forte aide à préserver les alternatives, à soutenir l'innovation et à améliorer l'adaptabilité lors de chocs.
Points forts
- Le Bureau de la concurrence du Canada, doté de pouvoirs renforcés par les récentes modifications de la Loi sur la concurrence, vise à renforcer l'application des règles sur la fixation des salaires, les fusions, les études de marché et les comportements anticoncurrentiels.
- En août, le Bureau a réussi à bloquer l'acquisition par Nortera des activités canadiennes Green Giant et Le Sieur de B&G Foods, invoquant une réduction de la concurrence pour les légumes en conserve et surgelés.
- Le Bureau intensifie ses examens dans les secteurs de l'agriculture et de l'agroalimentaire, qui employaient 2,3 millions de personnes et représentaient 7 % du PIB en 2024, en se concentrant sur les barrières à l'entrée et la concurrence dans les chaînes d'approvisionnement.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Priorités d'application et message politique
Comme l'a rapporté Canada.ca, Pratt a profité d'un discours à la conférence d'automne sur le droit de la concurrence de l'Association du Barreau canadien pour soutenir que la politique de concurrence devrait rester au cœur de la stratégie économique du Canada plutôt que de céder aux appels en faveur de plus grands champions nationaux. Elle a déclaré que la résilience ne devrait pas être comprise uniquement comme la capacité à se remettre des chocs, mais aussi comme la capacité à s'adapter, à réaffecter les ressources et à en ressortir plus forte à mesure que les technologies, les modèles commerciaux et les schémas d'échanges évoluent.Pratt a indiqué que le Parlement avait récemment renforcé la Loi sur la concurrence par d'importantes modifications et que le Bureau de la concurrence se concentrait désormais sur la conversion de ces pouvoirs supplémentaires en résultats concrets. Elle a déclaré que le Bureau continuait de publier des orientations après les changements législatifs, y compris à la suite de consultations menées au cours des trois dernières années sur la fixation des salaires et les accords de non-débauchage, l'examen des fusions, les allégations environnementales, les études de marché, les comportements anticoncurrentiels, les cartels et l'accès privé au Tribunal de la concurrence.
Elle a présenté trois grands axes d'application : empêcher les marchés de devenir moins concurrentiels, rendre les conditions plus concurrentielles et protéger la confiance des Canadiens dans le fonctionnement des marchés. Pratt a déclaré que des règles claires et une application prévisible peuvent également soutenir l'investissement en donnant aux entreprises davantage de certitude quant à la manière dont la loi sera appliquée.
Affaires, secteurs ciblés et impact économique
Pour illustrer l'approche actuelle du Bureau, Pratt a évoqué sa contestation, en août, du projet d'acquisition par Nortera des activités canadiennes Green Giant et Le Sieur de B&G Foods. Elle a déclaré que le Bureau avait conclu que l'opération réduirait probablement la concurrence pour les légumes en conserve et surgelés fournis aux détaillants alimentaires partout au Canada, et a noté que la transaction avait ensuite été abandonnée après l'émission d'une injonction provisoire en septembre.Pratt a également cité un récent consentement conclu avec Kalibrate concernant son service de veille du marché de l'essence au détail, affirmant que le Bureau avait constaté que certaines données au niveau des stations pouvaient accroître le risque de coordination entre détaillants. Elle a ajouté que le Bureau ciblait aussi les barrières structurelles à l'entrée, notamment les contrôles fonciers dans le secteur de l'alimentation, faisant référence à un accord conclu plus tôt ce mois-ci avec Empire, propriétaire de Sobeys et d'autres enseignes, afin d'en limiter l'utilisation.
Au-delà des affaires individuelles, Pratt a déclaré que le Bureau examinait la concurrence tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire du Canada après des travaux antérieurs sur le commerce de détail alimentaire. Elle a précisé que le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire employait 2,3 millions de personnes en 2024 et représentait environ 7 % du PIB, ce qui en fait un domaine important pour l'analyse de la concurrence liée à l'abordabilité, aux barrières à l'entrée et à la résilience économique globale.
Pratt a également déclaré que l'intelligence artificielle mettrait à l'épreuve l'application du droit de la concurrence, les algorithmes influençant de plus en plus les décisions commerciales. Tout en reconnaissant les préoccupations liées à la sûreté et à la sécurité, elle a déclaré que ces enjeux ne devraient pas servir de prétexte pour protéger les acteurs établis ou autoriser une coopération qui affaiblit les marchés concurrentiels.
Dans notre précédent article sur l'examen par la Malaisie de l'application des règles concernant les produits et entreprises étrangers entrant sur le marché intérieur, nous avons expliqué comment le gouvernement visait à renforcer la coordination afin de préserver une concurrence équitable à mesure que le commerce électronique transfrontalier se développe. L'article abordait également les projets visant à renforcer le cadre du commerce numérique — notamment les travaux sur un projet de loi relatif au commerce électronique — ainsi que les initiatives destinées à soutenir les PME locales grâce à une promotion coordonnée et à un meilleur accès au marché.
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