Le Canada renforce ses capacités spatiales souveraines grâce à de nouveaux accords dans les domaines du lancement et des communications
Le Canada accroît ses investissements dans le secteur spatial lié à la défense, alors qu’Ottawa cherche à garantir un accès national aux services de lancement et à renforcer les services satellitaires essentiels. Les dernières mesures comprennent un accord de 10 ans concernant un spatioport à Terre-Neuve-et-Labrador, un nouveau contrat de communications par satellite et du financement pour la main-d’œuvre lié aux opérations dans l’Arctique et à la coopération avec l’OTAN.
Points forts
- Le Canada conclut avec NordSpace un accord de 10 ans d’une valeur de 20 millions de dollars pour accéder au complexe spatial de l’Atlantique, en complément d’un accord existant avec Maritime Launch Services.
- Kepler Communications obtient un contrat IDEaS de 4,7 millions de dollars sur deux ans pour développer des liaisons intersatellites par laser ; les investissements gouvernementaux dans le secteur spatial dépassent 3 milliards de dollars en 2024.
- Le Canada se joint à l’initiative STARLIFT de l’OTAN et investit dans la création d’un métier spécialisé d’opérateur de mission spatiale ; les récents fonds fédéraux devraient soutenir environ 3 000 emplois par année.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Accès au lancement, contrats et alignement sur l’OTAN
Comme le rapporte Canada.ca, le ministre de la Défense, David J. McGuinty, affirme que le Canada a conclu avec NordSpace un accord de 10 ans d’une valeur de 20 millions de dollars pour accéder au complexe spatial de l’Atlantique, à Terre-Neuve-et-Labrador. Cet accord s’ajoute à un accord existant de 10 ans avec Maritime Launch Services et vise à donner aux Forces armées canadiennes et à leurs partenaires accès à des installations pour les lancements, la recherche et le développement.McGuinty annonce également un soutien dans le cadre du défi Gateway to the Stars du programme Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité, ou IDEaS, qui investit 17,9 millions de dollars dans des projets visant à améliorer la connectivité par satellite. Dans le cadre de cette initiative, Kepler Communications obtient un contrat de 4,7 millions de dollars sur deux ans pour développer et tester des liaisons optiques intersatellites par laser, conçues pour permettre aux satellites d’échanger directement des données et améliorer la vitesse et la résilience des réseaux de communication.
Le gouvernement affirme que ces travaux sont particulièrement pertinents pour l’Arctique canadien et les autres régions éloignées, où des communications spatiales plus robustes favoriseront les futures opérations des Forces armées canadiennes. Il ajoute que cette capacité contribue également aux objectifs du programme de surveillance à grande échelle et en continu de l’horizon nordique, ou NORTHWATCH, en renforçant la surveillance et la détection des menaces dans l’Arctique.
McGuinty indique aussi que le Canada s’est joint à l’initiative STARLIFT de l’OTAN en tant que membre à part entière. Ce projet à haute visibilité vise à mettre en place, au sein de l’Alliance, un réseau de capacités de lancement plus résilient, réactif et rentable, afin de permettre aux alliés de placer des charges utiles en orbite à court préavis depuis plusieurs spatioports.
Emplois, formation de la relève et retombées pour le secteur
Ottawa rattache ces dernières annonces à une initiative plus vaste visant à bâtir une industrie spatiale nationale concurrentielle et à réduire la dépendance stratégique dans un domaine qu’il juge de plus en plus important pour la sécurité nationale, la compétitivité économique et la fiabilité des services spatiaux. Le gouvernement affirme que la valeur des contrats, subventions et contributions liés à l’espace annoncés cette année dépasse désormais 3 milliards de dollars.À mesure que les activités spatiales prennent de l’ampleur, les Forces armées canadiennes créent un métier spécialisé d’opérateur de mission spatiale afin d’aider l’Aviation royale canadienne à recruter, former et fidéliser du personnel spécialisé pour les opérations spatiales modernes. Les récents investissements fédéraux devraient soutenir environ 3 000 emplois par année, notamment pour des ingénieurs, des scientifiques, des techniciens, des développeurs de logiciels et des spécialistes de la fabrication de pointe.
Le ministère de la Défense nationale investit également 1,2 million de dollars sur deux ans par l’intermédiaire de Launch Canada et de l’Initiative de développement des talents en fuséologie spatiale d’IDEaS. Le financement soutient des projets menés par des étudiants, des concours, de la formation pratique et des travaux de recherche préliminaires visant à former des travailleurs dans les domaines des communications par satellite, de l’observation de la Terre, des systèmes de lancement, de la surveillance spatiale et d’autres technologies spatiales de pointe.
Notre article précédent sur les ambitions du Royaume-Uni en matière de fusion nucléaire soulignait que l’Autorité de l’énergie atomique du Royaume-Uni considère le développement de la fusion comme une course technologique stratégique, les progrès rapides de la Chine faisant monter les enjeux en matière de capacités et de sécurité des chaînes d’approvisionnement. Nous avions également noté que des avancées comme l’amélioration des aimants supraconducteurs et les résultats plus performants des expériences britanniques sur la fusion accélèrent les plans visant à faire passer la fusion de la recherche au déploiement industriel, notamment avec l’objectif de construire une centrale prototype vers 2040.
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