Jean-Luc Mélenchon lance sa campagne présidentielle à Saint-Denis

Jean-Luc Mélenchon lance sa campagne présidentielle à Saint-Denis
Mélenchon lance sa campagne

À un an et demi de l'élection présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon tient dimanche 7 juin son premier meeting de campagne à Saint-Denis, fief symbolique de La France insoumise en banlieue parisienne. Le rendez-vous doit rassembler au moins 10 000 personnes et servir de point de départ visible à une campagne que le mouvement veut installer face à une gauche encore divisée.

Points forts

  • Jean-Luc Mélenchon a lancé officiellement sa campagne présidentielle à Saint-Denis le 8 juin, mettant en avant la « Nouvelle France » et l'éducation populaire.
  • Les élus LFI, dont Bally Bagayoko, et les écrivains Annie Ernaux et Eric Vuillard ont participé à ce rassemblement stratégique pour consolider la dynamique de campagne.
  • Ce meeting intervient alors que la gauche reste divisée sur une primaire, tandis que la cour d'appel de Paris doit statuer sur l'affaire RN le 7 juillet, impactant potentiellement la candidature de Marine Le Pen.

Un meeting fondateur à forte portée politique

Comme le rapporte l'Agence France-Presse, ce premier rassemblement de campagne commence à 15 h 30 place Victor Hugo, à Saint-Denis, dans un espace situé entre l'hôtel de ville dirigé par Bally Bagayoko et la basilique de Saint-Denis. Le choix du lieu s'inscrit dans la stratégie politique du candidat, qui présente la commune comme à la fois une vitrine de La France insoumise et un laboratoire de la « Nouvelle France » qu'il met en avant.

Jean-Luc Mélenchon présente ce rendez-vous comme le démarrage de sa campagne, après l'officialisation de sa candidature début mai. Une très large majorité des élus LFI doit être présente, notamment le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, que le candidat considère comme l'une des incarnations de cette « Nouvelle France », plus urbaine, connectée et métissée.

Selon Manuel Bompard, coordinateur de LFI et directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, ce meeting doit faire le lien entre mémoire nationale et projet politique. Il précise qu'il ne s'agit pas d'un discours strictement programmatique, mais d'un moment destiné à poser les grands axes de la campagne.

Dans cet exercice oratoire, Jean-Luc Mélenchon s'appuie aussi sur une dimension culturelle. Les écrivains Annie Ernaux et Eric Vuillard doivent également intervenir sur scène, dans une séquence que LFI présente comme relevant d'une campagne « instructive » et tournée vers l'éducation populaire.

Un test de force pour la gauche avant d'autres échéances

Ce premier meeting intervient dans un contexte jugé favorable par les « insoumis », qui veulent capitaliser sur un début de campagne porté par des sondages plaçant parfois leur candidat à proximité du second tour. Le mouvement cherche aussi à mettre en avant l'efficacité de son appareil politique, en contraste avec les hésitations persistantes du reste de la gauche autour d'une éventuelle primaire unitaire.

Chez les Ecologistes, le processus de primaire reste engagé sous l'impulsion de Marine Tondelier, mais il peine encore à s'imposer en raison du refus d'une partie du Parti socialiste et de Raphaël Glucksmann d'y participer. Dans les semaines qui suivent, d'autres responsables ou candidats pressentis doivent à leur tour organiser leurs propres rassemblements, dont Raphaël Glucksmann le 13 juin, Bruno Retailleau le 20 juin et Edouard Philippe le 5 juillet.

La séquence politique doit ensuite être marquée par une échéance judiciaire majeure le 7 juillet. La cour d'appel de Paris doit alors rendre sa décision dans l'affaire des assistants du Rassemblement national au Parlement européen, une décision susceptible d'influer sur la candidature de Marine Le Pen.

Dans notre précédent article sur la séquence gouvernementale consacrée aux ingérences étrangères dans les scrutins, nous indiquions qu’une réunion avec les responsables politiques et parlementaires devait précéder une prise de parole de Sébastien Lecornu sur les risques identifiés, notamment en vue de la présidentielle de 2027. Nous évoquions aussi l’enquête ouverte à Paris sur une possible opération visant des candidats de La France insoumise lors des municipales, ainsi que la préparation d’un projet de loi destiné à renforcer l’arsenal contre ces ingérences.

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