France, l’enquête sur l’ingérence numérique visant LFI remonte vers Blackcore

France, l’enquête sur l’ingérence numérique visant LFI remonte vers Blackcore
Ingérence numérique en France

Les autorités françaises relient une fausse réapparition du groupuscule dissous Forsane Alizza à une campagne de déstabilisation numérique ayant visé plusieurs candidats de La France insoumise lors des municipales. Ce rapprochement élargit la portée de l’affaire en liant une opération d’intimidation et une manœuvre politique présumée dans un contexte de vigilance accrue sur les ingérences étrangères.

Points forts

  • Viginum relie la reformation supposée de Forsane Alizza et une cyber-opération contre LFI à l’entité privée israélienne Blackcore, selon un rapport officiel.
  • La cyberattaque s'est manifestée dans la nuit du 2 octobre 2025 par des messages menaçants envoyés à des journalistes et élus, renvoyant vers un site Web lié au groupuscule.
  • Un réseau complexe de sous-traitants et d’intermédiaires impliqué par Blackcore complique l’attribution finale des attaques et inquiète sur la sécurité du débat public.

Rapport officiel et éléments de rattachement

Comme le rapporte Le Monde, les services de l’Etat établissent un lien entre la prétendue reformation de Forsane Alizza et une autre opération de déstabilisation numérique visant plusieurs candidats LFI lors des élections municipales. Dans un rapport, l’agence de lutte contre les ingérences numériques Viginum recense un faisceau d’indices associant ces deux actions à une « entité privée israélienne nommée Blackcore ».

Selon les éléments publiés, l’épisode remonte à la nuit du 2 octobre 2025, lorsque deux journalistes du Monde reçoivent un courriel signé du nom de Forsane Alizza, groupuscule islamiste radical dissous en 2012 par le gouvernement français pour « incitation à la lutte armée ». Le message annonce un retour de l’organisation et renvoie vers un site Internet présenté comme lié à cette réapparition.

Interrogé sur les motifs de cette reformation, l’expéditeur répond par un message menaçant, affirmant vouloir « prendre la France, puis toute l’Europe » et se « débarrasser de tous les infidèles ». Dans le même temps, des élus et collaborateurs du Rassemblement national à l’Assemblée nationale reçoivent sur WhatsApp un message similaire, également signé du groupuscule et renvoyant vers le même site, un épisode révélé auparavant par Atlantico.

Un réseau de sous-traitance complique l’attribution

Le point central de l’enquête reste l’identification du donneur d’ordre effectif derrière ces opérations. Les informations rendues publiques accréditent l’implication de Blackcore, mais elles laissent aussi apparaître un environnement de sous-traitants et d’intermédiaires susceptible de brouiller la chaîne de commandement.

Cette configuration complique l’attribution finale de l’opération, alors même que les autorités françaises renforcent leur suivi des ingérences numériques à portée politique. Pour les acteurs institutionnels et les formations visées, l’enjeu dépasse le seul cas de LFI, puisqu’il touche à la sécurité du débat public et à la capacité de remonter jusqu’au commanditaire dans des campagnes hybrides de plus en plus fragmentées.

Dans notre précédent article sur le rapport de Viginum concernant une campagne d’ingérence visant La France insoumise pendant les municipales, nous expliquions que les autorités françaises soupçonnaient un lien probable avec une entité israélienne nommée BlackCore. Nous détaillions aussi les villes ciblées (Marseille, Roubaix et Toulouse) et les inquiétudes du gouvernement quant au risque de menaces similaires à l’approche de la prochaine présidentielle.

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