L’Autorité de la concurrence publie un avis sur les risques concurrentiels des agents d’IA en France
Dans la continuité de ses travaux sur le cloud, l’IA générative et l’impact environnemental de l’intelligence artificielle, l’Autorité de la concurrence examine désormais le fonctionnement concurrentiel du secteur des agents d’IA. L’institution souligne que ce marché en forte évolution reste ouvert à de nouveaux entrants, mais qu’il se concentre déjà autour de quelques groupes et pourrait rapidement transformer l’économie numérique.
Points forts
- OpenAI, Google et Anthropic concentrent plus de 84 % du marché français des agents d’IA, malgré des barrières à l'entrée moins élevées que pour les modèles génératifs.
- L’Autorité de la concurrence identifie des risques accrus de désintermédiation, de discrimination et de limitation de la diversité de l’offre liés à la centralisation et l'intégration verticale des agents d’IA.
- Pour le commerce agentique, l’Autorité anticipe une concentration du marché et une diminution de la transparence pour les consommateurs, réclamant un suivi renforcé et des standards d’interopérabilité ouverts.
Constats sur la structure du marché
Selon Autorité de la concurrence, son nouvel avis s’appuie sur des auditions d’acteurs publics et privés du secteur ainsi que sur une consultation publique ayant recueilli les contributions d’une quarantaine de parties prenantes. L’analyse porte sur l’IA agentique, un segment où les outils, d’abord conçus comme des agents conversationnels, deviennent progressivement capables de raisonner, de planifier et de coordonner plusieurs tâches, y compris avec d’autres agents d’IA.Le secteur compte de nombreux éditeurs, mais l’essentiel des utilisateurs se concentre entre quelques entreprises. OpenAI, Google et Anthropic détiennent à eux trois plus de 84 % du secteur, tandis que les barrières à l’entrée apparaissent plus faibles que pour l’entraînement des modèles génératifs.
L’Autorité précise toutefois que le changement d’échelle reste fortement limité par plusieurs obstacles, notamment l’accès aux utilisateurs, l’accès aux données, la migration technique, l’interopérabilité et le coût de l’inférence. Elle examine aussi le commerce agentique, présenté comme l’un des usages les plus récents des agents d’IA dans le commerce en ligne, même s’il n’est pas encore disponible en France à ce stade.
Risques pour le numérique et le commerce en ligne
En intégrant un nombre croissant de services et d’informations dans leurs interfaces, les agents d’IA se positionnent comme des intermédiaires de plus en plus centraux pour l’accès aux services numériques. L’Autorité estime que cette « plateforme-isation » fait émerger des risques concurrentiels liés à la désintermédiation, à la discrimination et aux conditions de visibilité, avec un impact potentiel sur le bon fonctionnement du marché et sur la diversité de l’offre.Ces risques peuvent être renforcés lorsque les agents d’IA sont intégrés dans des services déjà exploités par des groupes verticalement intégrés. L’institution avertit aussi que la mise en œuvre des standards techniques nécessaires à l’IA agentique peut poser des difficultés concurrentielles lorsque leur gouvernance est centralisée entre les mains d’un seul acteur ou lorsque des freins persistent à l’interopérabilité.
Pour le commerce agentique, l’Autorité juge que ces évolutions pourraient concentrer l’activité autour d’un petit nombre d’acteurs, rendre les processus d’achat moins lisibles et réduire la capacité des consommateurs finaux à effectuer un choix éclairé. Elle préconise donc un suivi attentif du secteur, l’application pleine du cadre réglementaire existant, ainsi qu’un soutien accru à l’interopérabilité, à la portabilité et aux standards ouverts.
Dans notre précédent article sur Salesforce, nous analysions la hausse de l’action CRM à la lumière d’une offensive stratégique autour de l’IA, marquée par l’acquisition de Fin pour 3,6 milliards de dollars et de nouveaux partenariats technologiques. Nous revenions aussi sur le financement par émission obligataire et le vaste programme de rachat d’actions, ainsi que sur les signaux techniques suggérant un momentum haussier à court terme malgré un risque de surachat.
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