Le Canada fait progresser les règles sur le travail forcé avec des rapports de consultation
Le Canada avance vers des mesures plus strictes contre le travail forcé dans les importations et les chaînes d’approvisionnement mondiales, en examinant les retours issus de récentes consultations publiques. Les rapports récemment publiés portent sur des modifications proposées liées au projet de loi C-35 ainsi que sur d’éventuelles règles de diligence raisonnable et de responsabilité civile applicables aux entreprises opérant à l’étranger.
Points forts
- Le gouvernement du Canada a publié deux rapports « Ce que nous avons entendu », bénéficiant d’un large soutien des parties prenantes en faveur du renforcement, via le projet de loi C-35, de l’interdiction d’importer des biens produits par le travail forcé.
- Les parties prenantes soutiennent un cadre fondé sur les risques et transparent, ainsi que des exigences obligatoires de diligence raisonnable dans les chaînes d’approvisionnement, bien que les avis divergent sur l’octroi aux victimes de recours en responsabilité civile devant les tribunaux canadiens.
- Les résultats des consultations signalent la possibilité de régimes de conformité plus stricts affectant les importateurs et les entreprises dotées de chaînes d’approvisionnement internationales, alors que le Canada se dirige vers un contrôle législatif renforcé.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Les conclusions des consultations orientent les prochaines étapes législatives
Comme l’a indiqué le gouvernement du Canada, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand et la ministre de l’Emploi et des Familles Patty Hajdu ont publié deux rapports « Ce que nous avons entendu » résumant les commentaires des parties prenantes sur les mesures de lutte contre le travail forcé.Les consultations examinent comment renforcer l’interdiction canadienne existante d’importer des biens produits par le travail forcé au moyen du projet de loi C-35, ainsi que la possibilité d’appliquer de nouvelles mesures de diligence raisonnable dans les chaînes d’approvisionnement et de responsabilité civile à certaines entités. Les contributions proviennent d’associations de travailleurs, de groupes industriels, d’organisations de la société civile, d’universitaires et d’entreprises.
Les commentaires résumés dans le rapport sur le projet de loi C-35 montrent un large soutien au renforcement de la capacité du Canada à empêcher l’entrée sur le marché intérieur de biens fabriqués par le travail forcé. Les parties prenantes réclament un cadre fondé sur les risques, transparent et prévisible, assorti d’orientations claires pour les entreprises, de possibilités de recours et d’une harmonisation avec les partenaires internationaux.
Le rapport distinct sur les éventuelles règles de diligence raisonnable et de responsabilité civile fait ressortir un soutien à une législation qui obligerait certaines entreprises à identifier, prévenir et atténuer les risques de travail forcé dans leurs activités internationales ou leurs chaînes d’approvisionnement, et à divulguer la manière dont elles y répondent. Les avis restent partagés quant à la possibilité pour les victimes de travail forcé d’intenter des recours devant les tribunaux canadiens contre des entités qui ne mettent pas en œuvre une diligence raisonnable adéquate.
Conformité commerciale et impact sur les entreprises au Canada
Les résultats des consultations suggèrent un régime de conformité susceptible d’élargir les attentes envers les importateurs et les entreprises disposant de chaînes d’approvisionnement à l’étranger. Les entreprises soutiennent des mesures ciblant l’exploitation du travail, mais soulignent également la nécessité d’une équité procédurale et de règles évitant les chevauchements entre toute nouvelle loi sur la diligence raisonnable et le cadre d’interdiction des importations.Pour le Canada, cette initiative relie la politique des droits de la personne à l’application des règles commerciales et aux normes de conduite responsable des entreprises. Le gouvernement indique examiner les commentaires tout en faisant progresser des mesures législatives et réglementaires, précisant que les rapports constituent une étape stratégique vers une surveillance plus stricte des chaînes d’approvisionnement plutôt qu’une décision réglementaire définitive.
Notre précédent article sur le projet de loi canadien visant à réduire les lourdeurs réglementaires présentait les efforts d’Ottawa pour simplifier les exigences fédérales afin de soutenir la croissance économique et la compétitivité. Il indiquait que cette initiative pourrait affecter les coûts de conformité, les délais d’approbation et les conditions d’exploitation dans les secteurs réglementés, avec des précisions supplémentaires attendues après le briefing ministériel.
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