La Sécurité sociale française fait face à un risque de refinancement en cas de tensions sur la dette
Les tensions sur la dette française pourraient atteindre rapidement la Sécurité sociale via son dispositif central de financement. L’Urssaf Caisse nationale, qui couvre notamment les retraites, les prestations familiales, les soins et les hôpitaux, dépend surtout d’emprunts de court terme levés hors de France.
Points forts
- Environ 70 % du financement de l’Urssaf Caisse nationale provient d’émissions de titres de créance à court terme à Londres auprès d’investisseurs étrangers.
- La durée moyenne des emprunts de la Sécurité sociale française est de quatre-vingts jours, impliquant un renouvellement de la dette plus de quatre fois par an.
- La forte dépendance de la Sécurité sociale au court terme et aux investisseurs étrangers la rend très vulnérable à une crise obligataire ou à une dégradation de la note française.
Un modèle de financement très exposé aux marchés
Comme le rapporte Le Monde, l’Urssaf Caisse nationale, ex-Acoss, agit comme la banque des principales branches de la Sécurité sociale, dont la vieillesse, la maladie, la famille et les accidents du travail. Sa structure de financement la rend particulièrement vulnérable à une crise obligataire, car elle se refinance exclusivement à court terme sur les marchés financiers et principalement à l’étranger.Environ 70 % de ses ressources proviennent de titres de créance émis à Londres auprès de fonds monétaires et d’entreprises étrangères. Le solde est constitué de titres placés à Paris, à court terme et à moyen terme.
Une dépendance forte au renouvellement de la dette
La durée moyenne de ses emprunts est d’environ quatre-vingts jours, ce qui implique un renouvellement de la dette plus de quatre fois par an. Cette fréquence accroît son exposition à un changement brutal de l’appétit des investisseurs en cas de dégradation du climat sur la dette française.Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, estime que le risque tient moins au niveau de dette qu’à la dépendance envers des investisseurs souvent étrangers et attentifs à la notation. Dans ce schéma, l’enjeu central est de les convaincre de reconduire leurs placements tous les deux à trois mois.
Dans notre précédent article sur les inquiétudes autour de la dette française et la perception des investisseurs étrangers, nous expliquions que la montée des tensions sur le marché obligataire ravivait les doutes sur le financement de l’État. Nous rappelions aussi qu’une part de cette dette est détenue par des investisseurs internationaux et que le gouvernement cherchait à les rassurer afin de stabiliser la demande d’obligations.
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