Agirc-Arrco relève les pensions complémentaires de 1,4 % en 2027, malgré des divisions syndicales
Après une année de gel en 2026 faute d'accord, les pensions complémentaires du privé doivent être revalorisées de 1,4 % en 2027 dans le cadre d'un compromis entre partenaires sociaux. La décision concerne 14 millions de retraités et intervient alors que le gouvernement envisage aussi des économies sur les pensions de base.
Points forts
- Agirc-Arrco relève les pensions complémentaires de 1,4 % en 2027, conformément à la fourchette prévue de 1,2 % à 1,9 %, malgré des divisions syndicales.
- La CGT et la CFE-CGC dénoncent la hausse de 1,4 % comme insuffisante et non conforme à l'accord national interprofessionnel de 2023, réclamant un relèvement à 1,9 %.
- Ce compromis intervient alors que le gouvernement prévoit 5,5 milliards d'euros d'économies pour 2027 via un gel ou une sous-indexation des pensions de base supérieures à 1 260 euros.
Compromis social sur la hausse 2027
Selon Le Monde, citant l'Agence France-Presse, les organisations patronales ainsi que la CFDT, la CFTC et FO approuvent mercredi cette revalorisation, tandis que la CGT vote contre et que la CFE-CGC quitte les discussions. Selon les règles de l'Agirc-Arrco, la hausse devait se situer entre 1,2 % et 1,9 %.Diane Milleron-Deperrois, représentante du Medef, salue une gestion paritaire capable de dégager un consensus et de préserver l'avenir du régime. Du côté de la CFDT, Fabien Guimbretière affirme qu'une hausse plus importante était souhaitée, mais défend une décision prise, selon lui, de manière responsable afin d'assurer une augmentation certaine et immédiate.
FO tient une ligne comparable. Séverine Privat explique que le patronat refuse d'aller au-delà, mais juge qu'il n'était pas possible de renoncer à toute revalorisation après le gel précédent.
Contestations et pression sur le débat des retraites
La CGT dénonce pour sa part un compromis insuffisant et estime que les moyens existaient pour porter la hausse au maximum envisagé de 1,9 %. La CFE-CGC critique aussi l'accord, sa présidente Christelle Thieffinne considérant que l'accord national interprofessionnel de 2023 n'est pas respecté.Entre 200 et 300 retraités manifestent à la mi-journée place de la Bastille à Paris, à l'appel notamment de la CGT, de la FSU et de Solidaires, tandis que d'autres rassemblements ont lieu en France. Les organisations mobilisées réclament une hausse au maximum possible au moment où l'exécutif envisage de geler les pensions de base.
Lors du rassemblement parisien, Pauline Laby-Leclercq, secrétaire régionale de l'UNSA, plaide pour une revalorisation permettant aux retraités de vivre dignement face à la hausse des loyers, des courses et des charges. Cathy Tran-Phung-Co, secrétaire générale de l'UCR-CGT, juge également inacceptable une hausse inférieure à l'inflation alors que le gouvernement prévoit 5,5 milliards d'euros d'économies sur les retraites en 2027, via un gel ou une sous-indexation des pensions de base pour les personnes percevant plus de 1 260 euros.
Dans un précédent article, nous revenions sur la réunion des partenaires sociaux pour fixer la revalorisation des pensions complémentaires Agirc-Arrco applicable à partir du 1er novembre. Nous expliquions que la hausse devait se situer dans une fourchette de 1,2 % à 1,9 % et qu’un échec des négociations aurait pu conduire à un nouveau gel, comme en 2025, avec un impact direct sur le pouvoir d’achat et un test pour la gouvernance paritaire du régime.
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