Le secteur bancaire européen défend un cadre prudentiel solide pour financer les priorités de l’UE
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de concurrence accrue avec les marchés américains, le financement des priorités stratégiques de l’Europe devient un enjeu de souveraineté. Les auteurs estiment que cette ambition exige à la fois une meilleure mobilisation de l’épargne européenne et un système bancaire suffisamment résilient pour soutenir durablement l’économie.
Points forts
- Denis Beau de la Banque de France et Michael Theurer de la Bundesbank défendent le maintien d’un cadre prudentiel solide face aux appels à la déréglementation bancaire européenne.
- Le marché du capital-risque américain est six fois plus important que celui de l’UE, tandis que la capitalisation actions et obligataire US dépasse largement celle du bloc.
- Les autorités préconisent d’avancer sur l’union pour l’épargne et l’investissement afin d’orienter les capitaux européens vers les priorités stratégiques du bloc.
Un cadre prudentiel jugé essentiel
Selon ACPR, citant l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, Denis Beau, premier sous-gouverneur de la Banque de France et président désigné de l’ACPR, ainsi que Michael Theurer, sous-gouverneur de la Bundesbank, défendent le maintien d’un cadre bancaire européen robuste face aux appels à la déréglementation. Selon eux, la compétitivité de l’Union européenne ne relève plus seulement de la croissance, mais aussi de sa capacité à préserver son autonomie économique et financière.Leur tribune souligne que les réformes adoptées après la crise financière de 2008 renforcent fortement la résilience du secteur bancaire. Cette solidité est présentée comme une condition nécessaire pour permettre aux banques de continuer à répondre à des besoins de financement en hausse, liés notamment à la transition climatique, à la numérisation et à la défense.
Retard de financement et enjeu de souveraineté
Les auteurs mettent en avant l’écart persistant entre l’Union européenne et les U.S. sur les marchés financiers. La capitalisation cumulée des marchés obligataires et actions américains dépasse largement celle de l’UE, tandis que le marché du capital-risque, jugé essentiel pour financer l’innovation et la croissance, est six fois plus important aux États-Unis.Dans ce contexte, ils plaident pour une avancée de l’union pour l’épargne et l’investissement afin de mieux orienter l’abondante épargne européenne vers les priorités stratégiques du bloc. Leur analyse est qu’un secteur bancaire stable conserve une valeur accrue à mesure que l’environnement international devient plus volatil.
Dans notre précédente publication, nous analysions l’émission obligataire de 600 millions d’euros réalisée par Euroclear, une opération senior non garantie à taux fixe (échéance 2036) qui a suscité une demande supérieure à 2 milliards d’euros. Nous expliquions que les fonds levés doivent financer les activités courantes du groupe et renforcer sa résilience, illustrant l’importance d’un accès robuste aux marchés de capitaux pour les acteurs financiers européens.
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