La Chaire ACPR met en avant l’impact des modèles internes sur les RWA des banques de la zone euro
Un séminaire de recherche de la Chaire ACPR organisé le 7 octobre 2026 examine comment les modèles internes de notation de crédit influencent les actifs pondérés par le risque des banques de la zone euro. Les travaux présentés relient cette évolution à la gestion du capital et à des réallocations de portefeuille, dans un contexte de supervision harmonisée depuis 2015.
Points forts
- L’étude montre qu’après l’adoption des modèles IRB, la densité des RWA baisse, avec des effets variables selon la structure du bilan bancaire.
- Sous le Mécanisme de supervision unique, aucune réduction plus marquée de la densité des RWA n’apparaît pour les banques les plus fragiles ou faiblement capitalisées.
- L’adoption des modèles IRB entraîne une réallocation du crédit vers les grandes entreprises non financières, aux dépens des expositions souveraines et banques centrales.
Résultats présentés sur les modèles IRB et la densité des RWA
Selon ACPR, citant l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, Caterina Ciancaglioni de la Banca d’Italia et Salvatore Cardillo de la Commission européenne présentent un papier coécrit avec Maria Alessia Aiello sur les conséquences de l’adoption des modèles fondés sur les notations internes, ou IRB, sur la variabilité des actifs pondérés par le risque des banques.L’étude s’appuie sur un ensemble spécifique de données prudentielles pour analyser les effets de ces modèles sur la densité des RWA, définie comme le ratio entre les actifs pondérés par le risque et l’exposition totale en cas de défaut. Les résultats montrent une baisse de cette densité après l’adoption des modèles internes, avec une ampleur variable selon les établissements et la structure de leur bilan.
Les auteurs ne mettent pas en évidence, dans le cadre du Mécanisme de supervision unique en place depuis 2015, une réduction plus marquée de la densité des RWA chez les banques les plus fragiles ou les moins capitalisées. Ce constat suggère qu’une surveillance harmonisée dans la zone euro limite la possibilité de réductions opportunistes des RWA après l’adoption de ces modèles.
Effets sur l’allocation du crédit et prochains enjeux réglementaires
Le papier indique également que les modèles IRB encouragent une réallocation du crédit vers des actifs jugés plus rentables, notamment les prêts aux grandes sociétés non financières. En parallèle, les banques réduisent leurs expositions aux émetteurs souverains et aux banques centrales, ce qui éclaire les effets potentiels de ces outils sur les choix d’allocation d’actifs dans le secteur bancaire européen.Les échanges avec l’auditoire portent aussi sur l’utilisation de la base COREP pour mesurer l’EAD, sur la nécessité d’isoler un RWA centré sur le risque de crédit dans le calcul de la densité, ainsi que sur les facteurs expliquant la variabilité de cette mesure, la capitalisation apparaissant comme le principal. Les discussions abordent encore l’intérêt d’une analyse plus granulaire via Anacredit, la nécessité de neutraliser l’introduction simultanée du ratio de levier dans l’échantillon et les implications de ces résultats pour la future mise en œuvre de l’output floor en Europe.
Le prochain séminaire de la Chaire ACPR a lieu le 4 novembre 2026. Maximilian Jager, de la Frankfurt School of Finance and Management, y présente un travail consacré à l’évolution des liens entre souverains, banques et institutions financières non bancaires.
Dans un précédent article, nous analysions l’ouverture de l’examen parlementaire du projet de loi de finances 2027 dans un contexte de forte fragilité politique et budgétaire. Nous soulignions que la hausse rapide des taux d’emprunt de la France renchérissait le coût de la dette et réduisait les marges de manœuvre de l’État, rendant les arbitrages sur recettes et dépenses particulièrement sensibles à l’approche de l’élection présidentielle.
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