France, le projet d’actualisation de la LPM doit financer la hausse des têtes nucléaires
Le Monde rapporte qu'alors que l’exécutif prépare un projet d’actualisation de la loi de programmation militaire, le financement de l’augmentation du nombre de têtes nucléaires annoncée par Emmanuel Macron doit provenir du budget supplémentaire prévu par ce texte, selon les déclarations de la ministre des armées Catherine Vautrin, mardi 3 mars, sur France Inter.
Points forts
- La LPM prévoit une « surmarche » budgétaire pour financer le renouvellement des têtes nucléaires, avec un budget défense à 57,1 milliards d’euros en 2026.
- Le projet d’actualisation ajouterait 36 milliards d’euros aux 413 milliards déjà programmés pour 2024-2030, la décision et le financement restant strictement français.
- Le gouvernement justifie l’augmentation des capacités nucléaires par la complexification des crises et la nécessité de garantir la crédibilité de la dissuasion nationale.
Financement via la « surmarche » budgétaire
La ministre des armées a expliqué que la LPM comprend une « surmarche », c’est-à-dire une augmentation de budget dédiée au renouvellement des têtes nucléaires. Elle a rappelé que la dissuasion nucléaire représente actuellement 13 % du budget de la défense. Le budget de la défense s’élève à 57,1 milliards d’euros en 2026. Le gouvernement doit présenter au printemps un projet d’actualisation de la LPM. Ce texte ajouterait 36 milliards d’euros aux 413 milliards déjà prévus pour la période 2024-2030.Souveraineté française et objectif de crédibilité
En évoquant une « dissuasion avancée » associant huit pays européens, Emmanuel Macron a remis en avant la dimension européenne du concept, mais la ministre a insisté sur la souveraineté française. Elle a indiqué que la décision resterait « totalement française », tout comme son financement. Elle a souligné que cet élément est présenté comme un fondement de la doctrine nationale. Le président n’a pas précisé le niveau d’augmentation visé. Le stock actuel est de 290 têtes nucléaires.Justification sécuritaire avancée par le gouvernement
De son côté, la ministre déléguée aux armées Alice Rufo a indiqué sur TF1 que l’augmentation vise à « anticiper les évolutions futures » afin de garantir la crédibilité de la dissuasion. Elle a mis en avant une « complexification des crises » et une possible coordination accrue entre adversaires. Selon elle, l’enjeu est de préserver la capacité de destruction qui fonde l’efficacité de la dissuasion. Ces éléments sont présentés comme la logique stratégique sous-jacente à l’effort capacitaire annoncé. L’exécutif n’a pas communiqué de calendrier précis pour la montée en charge.Nous avons précédemment rapporté qu’Emmanuel Macron avait présenté une inflexion de la doctrine de dissuasion nucléaire vers une coopération accrue avec des partenaires européens. Notre publication détaillait le concept de « dissuasion avancée », avec une participation d’alliés à certains exercices et opérations, tout en réaffirmant que la décision demeurerait souveraine et française.
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