L’économie française cale au premier trimestre, l’inflation accélère en avril
L’activité française démarre 2026 sans élan, avec un PIB stable au premier trimestre après une légère progression fin 2025. Ce coup de frein complique l’objectif de croissance de 0,9 % du gouvernement alors que l’inflation atteint 2,2 % sur un an en avril.
Points forts
- Le PIB français a stagné à 0 % au premier trimestre 2026, en dessous des attentes des économistes fixées à 0,2–0,3 %.
- La consommation des ménages a reculé de 0,1 %, et l’Insee estime qu’il faudrait une croissance de 0,3 % par trimestre pour atteindre la cible annuelle de 0,9 %.
- L’inflation annuelle a accéléré à 2,2 % en avril, et un blocage du détroit d’Ormuz pourrait amputer 0,3 point de croissance, limitant le PIB à 0,6 % en 2026.
Première estimation de l’Insee et pression sur la prévision annuelle
Comme l’indique l’Insee, dans un article de Le Monde, la première estimation publiée jeudi 30 avril fait état d’une croissance nulle, à 0 %, au premier trimestre, alors que les économistes attendaient une hausse comprise entre 0,2 % et 0,3 %. Ce résultat marque un net ralentissement après la progression de 0,2 % enregistrée au dernier trimestre 2025.Le repli de la consommation des ménages, en baisse de 0,1 %, pèse sur l’activité. Selon les calculs de l’institut statistique, il faudrait désormais une progression de 0,3 % du produit intérieur brut sur chacun des trois prochains trimestres pour atteindre la cible gouvernementale de 0,9 % sur l’ensemble de l’année.
A la fin des trois premiers mois de l’année, l’acquis de croissance atteint 0,5 %, c’est-à-dire le niveau qui serait observé en fin d’année si les trois trimestres suivants restaient sans évolution. Pour Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, cet objectif, encore jugé réaliste il y a quelques semaines, apparaît désormais très optimiste.
Risque énergétique et impact sur les perspectives françaises
Le ralentissement de début d’année réduit la marge de manœuvre de l’économie française pour les prochains mois. Dans ce contexte, la remontée de l’inflation à 2,2 % sur un an en avril ajoute une contrainte supplémentaire pour les ménages et pour la trajectoire de reprise de la consommation.Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet BersingEco, estime que le blocage du détroit d’Ormuz pourrait retrancher 0,3 point à la croissance sur l’ensemble de l’année. Dans ce scénario, la hausse du PIB français se limiterait à 0,6 % en 2026, accentuant l’écart avec la prévision officielle.
Dans notre précédent article sur la flambée du pétrole WTI au-dessus de 110 dollars, nous expliquions que le marché intégrait surtout une prime de risque géopolitique liée à l’Iran et aux menaces sur le détroit d’Ormuz. Nous soulignions aussi que le resserrement des stocks américains et la hausse des exportations renforçaient la tension sur l’offre, alimentant volatilité, inflation et scénarios de prix élevés en cas de perturbation durable.
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