Zone euro, les salaires réels reculent de nouveau sous l’effet du regain d’inflation

Zone euro, les salaires réels reculent de nouveau sous l’effet du regain d’inflation
Salaires réels en baisse

Le regain des prix lié au choc énergétique dans le détroit d’Ormuz érode de nouveau le pouvoir d’achat des ménages en Europe. En zone euro, l’inflation annuelle atteint 3,2 % en mai, tandis que la progression des salaires négociés ne devrait être que de 2,6 % en 2026.

Points forts

  • Eurostat rapporte une inflation de 3,2 % sur un an en mai 2024 dans la zone euro, dépassant la hausse des salaires à 2,6 % selon la BCE.
  • Le choc énergétique lié à la crise du détroit d’Ormuz entraîne une nouvelle baisse des salaires réels et du pouvoir d’achat en Europe.
  • Au T3 2025, seules la moitié des pays de l’OCDE auront retrouvé les niveaux salariaux de fin 2021, la zone euro restant en recul moyen de 2 %.

Inflation de mai et pression sur les rémunérations

Comme le rapporte Eurostat, l’inflation dans la zone euro atteint 3,2 % sur un an en mai, selon des données publiées mardi 2 juin. Ce rythme dépasse celui de la hausse des salaires, mesurée à 2,6 % cette année par l’indice de la Banque centrale européenne qui suit les négociations collectives à travers le continent.

Le choc énergétique déclenché par la crise dans le détroit d’Ormuz provoque ainsi une nouvelle baisse des salaires réels en Europe. La progression nominale des rémunérations ne compense plus l’augmentation des prix, ce qui se traduit par un recul du pouvoir d’achat.

Une reprise du pouvoir d’achat remise en cause

Cette détérioration intervient alors que les ménages se remettent à peine du choc inflationniste de 2022 et 2023. Après deux années de forte baisse, les salaires avaient commencé à rattraper progressivement une partie du pouvoir d’achat perdu.

Au troisième trimestre 2025, seule la moitié des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques avait retrouvé un salaire moyen équivalent à celui de fin 2021. Dans la zone euro, les rémunérations restaient encore en recul de 2 % en moyenne, et d’environ 1 % en France.

Le mouvement ne se limite pas à l’Europe, puisque cette baisse des salaires réels se retrouve aussi aux U.S. et au UK. Pour la région, ce nouvel écart entre inflation et salaires accroît le risque d’un ralentissement durable de la consommation des ménages.

Dans un précédent article, nous revenions sur la remontée de l’inflation dans la zone euro à 3,2 % en mai, tirée avant tout par l’envolée des prix de l’énergie. Nous soulignions aussi que cette poussée, alimentée par les tensions sur les marchés du pétrole et du gaz, renforçait les anticipations d’un relèvement de 25 points de base des taux par la BCE, malgré une croissance déjà fragile.

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