Le Trésor interrompt un test du modèle Qwen d’Alibaba et bascule vers Mistral AI

Le Trésor interrompt un test du modèle Qwen d’Alibaba et bascule vers Mistral AI
Le Trésor change d’IA

Le ministère français de l’économie met fin après quelques jours à l’expérimentation d’un modèle d’intelligence artificielle chinois au sein de la direction générale du Trésor. Ce changement intervient alors que l’administration accélère le déploiement d’outils d’IA pour ses agents, y compris sur des usages impliquant des données sensibles.

Points forts

  • Le Trésor a interrompu le 23 juin le test du modèle Qwen d’Alibaba suite à des alertes sur des biais liés à la Chine et l’a remplacé par Mistral AI.
  • Bercy a souligné que le modèle utilisé pour l’assistant HephAIstos fonctionnait hors ligne sans risque identifié de fuite de données sensibles à ce stade.
  • Le plan gouvernemental prévoit la généralisation d’un agent conversationnel Mistral auprès de 1 million d’agents d’État pour 700 000 euros en 2026, avec un coût annuel additionnel de 2 à 4 millions d’euros.

Arrêt rapide du test interne

Comme l’a rapporté l’Agence France-Presse, Bercy confirme avoir interrompu immédiatement, mardi 23 juin, l’expérimentation du modèle Qwen AI d’Alibaba après des alertes sur des biais observés dans certaines réponses liées à la Chine. Un nouveau modèle de la start-up française Mistral AI est installé mercredi pour remplacer l’outil testé.

L’outil, baptisé « HéphAIstos », est expérimenté depuis le début du mois de juin par près d’une centaine d’agents sur les 1 300 que compte la direction générale du Trésor. Il comprend un agent conversationnel destiné à assister les hauts fonctionnaires dans leurs tâches quotidiennes, y compris pour le traitement de données confidentielles ou sensibles, ainsi qu’un service de transcription multilingue accessible via une application développée en interne.

Le choix du modèle avait surpris certains utilisateurs, plusieurs d’entre eux signalant des réponses jugées orientées ou biaisées sur des sujets concernant la Chine. Bercy ne fournit pas d’exemples précis, tandis qu’Alibaba Cloud, sollicité, ne souhaite pas commenter.

Enjeux de souveraineté et déploiement plus large

Au-delà du contenu des réponses, l’usage d’un tel modèle soulève des questions de sécurité pour des informations publiques sensibles. Bercy affirme que l’outil fonctionnait sans accès à Internet ni possibilité de porte dérobée, et donc sans transmission de données vers l’extérieur.

Interrogée par l’AFP, Annabelle Blangero, spécialiste de l’IA responsable chez Ekimetrics, rappelle que les biais existent dans tous les modèles, mais que certains peuvent être ajoutés volontairement pour éviter certaines réponses ou orienter leur formulation. Elle estime aussi qu’un modèle déconnecté d’Internet reste indispensable pour limiter les risques de fuite, même si l’analyse complète de la sécurité de tous les modèles n’est pas encore totalement maîtrisée.

Cette décision s’inscrit dans un cadre plus large de montée en puissance de l’IA dans l’administration française. La semaine dernière, le gouvernement présente un plan de déploiement comprenant la généralisation de « L’Assistant », un agent conversationnel alimenté par des modèles de Mistral, à destination de 1 million d’agents de l’Etat.

Selon le cabinet du ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel, cette généralisation doit coûter 700 000 euros en 2026, avec des dépenses supplémentaires estimées entre 2 millions et 4 millions d’euros par an selon les usages et l’évolution technologique. Un rapport d’évaluation de la direction interministérielle de la transformation publique indique par ailleurs que 75 % des agents l’ayant testé le jugent utile, même si près des deux tiers considèrent que d’autres IA génératives répondent mieux à leurs besoins.

Dans notre précédent article sur la stratégie IA de Qualcomm (QCOM), nous expliquions comment le groupe cherchait à accélérer sa diversification au-delà des smartphones en visant 40 milliards de dollars de revenus « hors smartphones » d’ici 2029, notamment via les centres de données et l’IA. Nous soulignions aussi que, malgré des partenariats et une acquisition dans l’IA, le titre restait techniquement sous pression, avec des niveaux de résistance clés surveillés par le marché.

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