Mélenchon durcit sa campagne et cible le RN lors de son meeting de Saint-Denis

Mélenchon durcit sa campagne et cible le RN lors de son meeting de Saint-Denis
Mélenchon cible le RN

Jean-Luc Mélenchon lance à Saint-Denis un premier meeting de campagne centré sur l’affrontement avec le Rassemblement national et sur le rejet des débats identitaires. Le candidat de La France insoumise en profite aussi pour refermer publiquement le débat sur une primaire à gauche et pour préciser ses positions institutionnelles sur plusieurs territoires ultramarins et insulaires.

Points forts

  • Mélenchon lance sa campagne à Saint-Denis devant 26 000 personnes en attaquant le Rassemblement national pour « suprémacisme » et critique la suppression du droit du sol.
  • Il proclame la fin de la primaire unitaire à gauche, affirme que La France insoumise doit mener la lutte contre le RN, et met en garde contre la division au premier tour.
  • Mélenchon promet l’indépendance pour la Nouvelle-Calédonie, une autonomie étendue pour la Corse et une politique d’émancipation pour Guyane et les territoires ultramarins.

Meeting inaugural et offensive contre le RN

Comme le rapporte Le Monde, Jean-Luc Mélenchon accuse dimanche 7 juin le Rassemblement national de porter en France un « suprémacisme » fondé sur une hiérarchisation des peuples selon l’ethnie et la religion, lors de son premier meeting de campagne à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.

Devant une foule de 26 000 personnes selon les organisateurs, le dirigeant de La France insoumise dénonce les « obsédés de la race » et leurs « névroses communautaristes ». Il vise aussi Jordan Bardella, qu’il qualifie de « bon trumpiste », en l’accusant de vouloir supprimer le droit du sol, une mesure qu’il présente comme un « crime antinational ».

Le choix de Saint-Denis souligne la portée symbolique de cette entrée en campagne. La commune, dirigée par l’« insoumis » Bally Bagayoko depuis les municipales de mars, est mise en avant par M. Mélenchon comme une vitrine de la « nouvelle France » qu’il défend.

Pression sur la gauche et positions sur les territoires

Le candidat affirme aussi que la primaire unitaire à gauche est désormais « finie », alors qu’une partie du camp progressiste reste divisée sur cette question. Il soutient que son mouvement a « gagné l’honneur de marcher en première ligne » face au RN et insiste sur l’importance du premier tour, en avertissant les autres candidats de ne pas empêcher une qualification qu’ils n’auraient, selon lui, aucune chance d’obtenir.

Au-delà du rapport de force à gauche, Jean-Luc Mélenchon précise ses orientations institutionnelles pour plusieurs territoires. Il déclare que la Nouvelle-Calédonie ira « vers l’indépendance » s’il remporte la présidentielle et promet à la Corse une « autonomie étendue », en invoquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Il élargit enfin cette ligne à la Guyane et aux territoires éloignés de l’Hexagone, en expliquant que la future présidence devra agir selon un principe de respect des populations et d’aide à l’émancipation face aux dépendances et aux dominations.

Dans notre précédent article sur le lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, nous expliquions pourquoi ce meeting devait servir de moment fondateur pour la présidentielle 2027, avec un choix de lieu à forte portée symbolique. Nous rappelions aussi la mobilisation des élus de LFI autour de Bally Bagayoko et la séquence culturelle (Annie Ernaux, Éric Vuillard) utilisée pour installer les grands axes du récit de campagne et rassembler une gauche encore divisée.

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