La Banque de France alerte sur les risques de marché liés au conflit au Moyen-Orient

La Banque de France alerte sur les risques de marché liés au conflit au Moyen-Orient
Risques de marché accrus

La résilience du système financier français reste au centre de l’évaluation semestrielle des vulnérabilités menée par la Banque de France. L’institution souligne que l’accumulation des chocs depuis 2020 se combine désormais aux conséquences de la guerre en Iran et à des tensions persistantes sur les marchés des matières premières.

Points forts

  • La Banque de France signale que les risques de marché ont augmenté pour le système financier français en raison du conflit au Moyen-Orient.
  • Depuis le 28 février, le blocage du détroit d'Ormuz a entraîné un choc d'offre négatif sur les marchés de matières premières mondiaux.
  • Au 5 juin, la circulation sécurisée des navires via le détroit d'Ormuz, représentant environ 20 % de la consommation mondiale d’hydrocarbures, reste perturbée.

Évaluation semestrielle des vulnérabilités financières

Comme l’indique la Banque de France, cette analyse s’inscrit dans son mandat de stabilité financière et vise à identifier les risques, qu’ils soient cycliques ou structurels, au sein du système financier français.

L’institution explique que cet exercice a pour objectif de renforcer la capacité de prévention des crises. Publié deux fois par an, le rapport de stabilité financière sert ainsi d’outil de suivi des fragilités susceptibles d’affecter les marchés et les intermédiaires financiers.

Pressions géopolitiques et exposition aux matières premières

Le diagnostic présenté montre que le système financier français continue de faire preuve de résilience face à l’accumulation des chocs depuis 2020. Il doit toutefois faire face aujourd’hui aux conséquences de la guerre en Iran, qui modifient l’environnement de risque international.

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, le Moyen-Orient subit un choc d’offre négatif sur les marchés de matières premières, en particulier à la suite du blocage du détroit d’Ormuz. Cette voie maritime représentait environ 20 % de la consommation mondiale d’hydrocarbures, et la libre circulation des navires dans des conditions de sécurité satisfaisantes n’est toujours pas rétablie au 5 juin.

Dans notre précédent article sur le WTI sous pression autour de 73-74 $ le baril, nous expliquions que le recul des prix s’expliquait surtout par la baisse de la prime géopolitique, le marché anticipant une amélioration du trafic des pétroliers via le détroit d’Ormuz et un possible retour partiel des approvisionnements iraniens. Nous y évoquions aussi des fondamentaux contrastés (stocks américains en baisse mais production élevée) et le risque d’un retournement si les discussions entre les États-Unis et l’Iran se dégradaient ou si la logistique régionale se détériorait.

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