Jeunes Agriculteurs élit un nouveau président pour relancer ses priorités sur l’eau et l’installation
Le syndicat Jeunes Agriculteurs se dote d’une nouvelle direction dans un contexte de tensions internes et de perte de majorité de son alliance avec la FNSEA aux dernières élections professionnelles. Élu le 4 mai, Jocelyn Dubost veut faire avancer les dossiers de gestion de l’eau, de transition des exploitations et d’installation des jeunes agriculteurs.
Points forts
- Jocelyn Dubost, exploitant de 225 hectares à Courtenay, devient président des Jeunes Agriculteurs après la perte de majorité syndicale avec la FNSEA.
- Le projet des Jeunes Agriculteurs sur les plans et contrats d’avenir figure dans la loi d’urgence agricole, adoptée à l’Assemblée nationale le 2 juin, visant à sécuriser les revenus et la transition climatique.
- Dubost défend une gestion encadrée de l’eau avec compteurs pour les 28 irrigants du Rhône et souhaite apaiser le débat parlementaire sur l’irrigation.
Prise de fonction dans un contexte syndical tendu
Comme l’a rapporté l’Agence France-Presse, Jocelyn Dubost, cultivateur de 31 ans installé à Courtenay, dans l’Isère, prend la présidence des Jeunes Agriculteurs après avoir dirigé pendant quatre ans l’organisation en Auvergne-Rhône-Alpes. Son élection intervient alors que l’alliance entre les JA et la FNSEA a perdu sa majorité lors des dernières élections professionnelles, ouvrant une phase de réajustement pour le syndicat.Exploitant 225 hectares, dont des cultures de maïs, blé, tournesol et soja, il gère aujourd’hui seul sa ferme et prévoit de recruter un salarié. Son parcours syndical commence en 2014 comme bénévole lors d’un concours de labour, avant une montée en responsabilité fondée sur sa maîtrise des dossiers agricoles, notamment ceux liés à l’installation des jeunes exploitants et à la ressource en eau.
À l’échelle nationale, il veut poursuivre le travail sur les « plans et contrats d’avenir », une proposition des Jeunes Agriculteurs destinée à accompagner la transition des exploitations face au changement climatique tout en sécurisant les revenus. Le dispositif figure désormais dans le projet de loi d’urgence agricole, adopté à l’Assemblée nationale le 2 juin et en attente d’un examen au Sénat.
Gestion de l’eau et reconquête du terrain
Le nouveau président met aussi en avant son expérience au sein d’une association d’irrigants regroupant 28 agriculteurs qui pompent directement dans le Rhône. Il défend une gestion encadrée des volumes prélevés, avec des compteurs en place depuis la fin des années 1980, et dit vouloir sortir des oppositions trop tranchées sur la question de l’eau au moment où le sujet est débattu au Parlement.D’autres chantiers attendent également l’organisation, parmi lesquels l’arrivée d’un nouveau bachelor agro à la rentrée 2026 et la mise en place de France Services Agriculture, avec son guichet unique pour l’installation et la transmission d’exploitations. Au-delà de ces dossiers, Jocelyn Dubost veut surtout retisser le lien avec la base militante, alors que des divisions sont apparues au sein des Jeunes Agriculteurs et que certains adhérents se sont rapprochés de la Coordination rurale ou de la Confédération paysanne lors des manifestations de l’hiver.
Dans notre précédent article sur le projet de loi d’urgence agricole adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, nous expliquions pourquoi ce texte, présenté comme une réponse aux mobilisations de l’hiver, cristallisait de fortes divisions politiques. Nous revenions sur ses principaux volets — gestion et stockage de l’eau, évolution des règles pour l’élevage, prix planchers, restrictions sur certaines importations et lutte contre la prédation du loup — ainsi que sur les points jugés juridiquement fragiles avant l’examen au Sénat.
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