La main-d’œuvre canadienne de la santé s’accroît alors que les postes vacants et les pressions salariales persistent
Les professions de la santé au Canada emploient un peu plus de 1,7 million de personnes en 2025, la croissance des effectifs continuant de dépasser celle du marché du travail dans son ensemble. Cette expansion intervient alors que le secteur demeure confronté à des tensions de personnel liées au vieillissement démographique, à la hausse de la demande de soins et aux difficultés persistantes de rétention des travailleurs.
Points forts
- L’emploi dans les professions de la santé augmente en moyenne de 3,0 % par an de 2016 à 2025, atteignant 8,2 % de la main-d’œuvre canadienne en 2025.
- Les postes vacants dans le secteur de la santé demeurent élevés, à 67 900 en 2025 — contre 90 700 en 2023, mais près de trois fois les niveaux de 2016 —, les infirmières auxiliaires autorisées faisant face à un taux de postes vacants de 12,3 %.
- Les salaires horaires moyens dans les professions de la santé augmentent de 4,0 % en termes nominaux par rapport à 2024 et de 24,6 % par rapport à 2019, mais les salaires réels des infirmières autorisées reculent de 1,4 % depuis 2019.
Cet article a été traduit de l'original. Lisez la version originale de notre correspondant ici.
Croissance de l’emploi dans la santé et pénuries de main-d’œuvre
Comme le rapporte Statistique Canada, une nouvelle étude publiée aujourd’hui s’appuie sur l’Enquête sur la population active, l’Enquête sur les postes vacants et les salaires et l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail afin de présenter les tendances de l’emploi, les caractéristiques de la main-d’œuvre, la demande de travail non satisfaite et les salaires dans les professions de la santé.De 2016 à 2025, l’emploi dans les professions de la santé augmente en moyenne de 3,0 % par an, soit près du double du taux de croissance de 1,8 % observé pour l’ensemble des professions. Les travailleurs de la santé représentent 8,2 % de la main-d’œuvre canadienne en 2025, contre 7,9 % en 2024 et 7,4 % en 2016, les professions infirmières autorisées affichant certaines des plus fortes hausses récentes. L’emploi dans les professions infirmières autorisées progresse de 6,5 % par rapport à 2024 et de 33,3 % par rapport à 2019, avec 25 300 travailleurs supplémentaires sur un an et 102 800 depuis avant la pandémie de COVID-19.
Parallèlement, la demande de main-d’œuvre demeure élevée dans l’ensemble du secteur. Les professions de la santé comptent 67 900 postes vacants en 2025, contre un sommet de 90 700 en 2023, mais ce chiffre reste près de trois fois supérieur au niveau de 2016, tandis que le taux de postes vacants du secteur s’établit à 4,5 %, contre 2,7 % pour l’ensemble du Canada. Les infirmières auxiliaires autorisées font face à des conditions particulièrement tendues, avec un taux de postes vacants de 12,3 % en 2025.
Les hausses salariales sont à la traîne dans certaines professions infirmières
Les salaires horaires moyens des employés d’âge actif dans les professions de la santé augmentent de 4,0 % par rapport à 2024 et de 24,6 % par rapport à 2019 en termes nominaux. Après ajustement pour l’inflation, le salaire horaire moyen progresse de 1,9 % par rapport à l’année précédente et de 3,2 % par rapport à 2019.Les tendances salariales diffèrent selon les professions, ce qui met en évidence des pressions inégales sur le marché du travail au sein du système de santé. Les aides-infirmiers, préposés aux bénéficiaires et associés aux services aux patients d’âge actif enregistrent une croissance réelle de leur salaire horaire moyen de 2,7 % entre 2019 et 2025, tandis que les salaires horaires moyens réels des infirmières autorisées d’âge actif reculent de 1,4 % sur la même période.
Les données soulignent qu’une main-d’œuvre plus importante n’a pas entièrement atténué les pressions structurelles sur les effectifs dans le système de santé canadien. Pour les employeurs et les décideurs publics, la combinaison d’embauches soutenues, de taux élevés de postes vacants et d’une évolution inégale des salaires réels maintient la planification de la main-d’œuvre au cœur des enjeux du secteur.
Notre précédent article sur les changements fréquents d’emploi en début de carrière expliquait que changer d’emploi est souvent un moteur clé des hausses de salaire et d’une meilleure adéquation professionnelle à long terme, malgré sa réputation négative. Il mettait en avant des recherches montrant que des changements fréquents en début de carrière peuvent représenter une part importante de la croissance des revenus sur l’ensemble de la vie professionnelle et aider les travailleurs à trouver des postes plus stables au fil du temps, soulignant ainsi l’incidence de la mobilité professionnelle sur les revenus.
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