Terra Nova conteste l’analyse de l’OID sur l’emploi des immigrés en France
À six mois de l’élection présidentielle, Terra Nova entre directement dans le débat économique sur l’immigration en publiant une étude destinée à démonter les conclusions de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie. Le groupe de réflexion affirme que, entre 2021 et 2023, les étrangers non européens ont représenté plus d’un tiers de la hausse de l’emploi, en contrepoint d’un rapport de l’OID diffusé en juillet.
Points forts
- Le 9 juillet, l’OID a publié une note affirmant que les immigrés en France travaillent moins souvent que les non-immigrés avec un écart d’emploi supérieur à 15 points aux âges actifs.
- Terra Nova publie le 21 octobre une étude réfutant la méthodologie et les conclusions de l’OID, réorientant le débat sur la contribution des non-Européens à la progression de l’emploi entre 2021 et 2023.
- La controverse cristallise l’enjeu des statistiques économiques dans la campagne présidentielle de 2027 et influence les débats sur l’intégration économique des immigrés.
Une controverse sur les chiffres de l’emploi
Comme le rapporte Le Monde, Terra Nova publie mercredi 21 octobre une étude consacrée à la réfutation méthodique d’un rapport de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, un laboratoire d’idées fondé en 2020 et présenté comme proche de l’extrême droite. L’OID est notamment financé par le fonds Périclès de Pierre-Edouard Stérin, et concentre une partie de ses travaux sur l’immigration.Le 9 juillet, l’OID a diffusé une note intitulée « Immigration et emploi en France : radiographie d’un déficit », qui conclut qu’en moyenne les immigrés travaillent moins souvent que les non-immigrés. Le document souligne aussi qu’aux âges les plus favorables à l’activité, l’écart d’emploi dépasse 15 points entre les Français de naissance et les personnes de nationalité extra-européenne.
Dans cette note, l’OID inscrit son analyse dans le retour du débat sur « l’immigration de travail » à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. L’organisme estime que la question de l’intégration effective des personnes issues de l’immigration dans l’activité économique se pose avec une acuité croissante.
Un enjeu politique pour le débat présidentiel
La réponse de Terra Nova marque un durcissement du débat entre laboratoires d’idées sur un sujet devenu central dans la campagne qui s’ouvre. Le positionnement de l’OID apparaît aussi dans plusieurs de ses précédentes publications, dont « Le coût de l’immigration pour les finances publiques », « Les Turcs en France : un “isolat” ? », « Politiques d’immigration : le gouvernement des juges ? » et « L’asile, une voie d’immigration hors de contrôle ».En mettant en avant la contribution des étrangers non européens à la progression de l’emploi entre 2021 et 2023, Terra Nova cherche à déplacer le débat du seul écart de taux d’emploi vers l’apport de cette population au marché du travail. Cette lecture alimente une confrontation plus large sur l’usage des statistiques économiques dans le débat public et sur leur influence potentielle à l’approche du scrutin présidentiel.
Notre précédent article sur la conversion partielle de Marine Le Pen aux recettes économiques du macronisme pour 2027 revenait sur l’évolution du programme du RN vers des mesures pro-entreprises, la baisse de la dépense publique et des allégements fiscaux. Nous soulignions toutefois que cette convergence restait limitée, le parti conservant des lignes de rupture nettes sur les étrangers, l’environnement et l’Union européenne, dans un contexte où les thèmes économiques reprennent une place centrale à l’approche de la présidentielle.
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