La Belgique voit sa note souveraine A+ confirmée par Scope, malgré des risques budgétaires et politiques
La Belgique conserve ses notes souveraines de long terme à A+ en monnaie locale et étrangère, avec une perspective stable, dans un contexte de tensions accrues sur sa trajectoire budgétaire. La confirmation intervient alors que la crise politique autour du budget 2027 complique les efforts de consolidation budgétaire et maintient la pression sur une dette publique déjà élevée.
Points forts
- Scope Ratings confirme la note souveraine A+ avec perspective stable pour la Belgique, malgré le retrait des perspectives stables sur la notation court terme S-1+.
- La Belgique bénéficie d'une économie diversifiée, d'une base exportatrice compétitive et d'une structure de dette jugée solide, soutenant la résilience du crédit.
- Scope pointe un endettement public élevé, des déficits persistants et un risque politique accru après la démission du Premier ministre suite à l'échec budgétaire de novembre 2026.
Confirmation de la note et facteurs de crédit
Comme l’a indiqué Scope Ratings, la note d’émetteur de long terme et celle de la dette senior non garantie du Royaume de Belgique restent fixées à A+ en monnaie locale et en devise, avec une perspective stable. Les notes d’émetteur de court terme sont confirmées à S-1+ dans les deux devises, tandis que les perspectives stables associées auparavant à ces notes de court terme sont retirées, Scope précisant que sa définition des notations mise à jour en décembre 2025 n’assigne plus de perspective à cette catégorie.L’agence soutient que la note de long terme de la Belgique repose sur une économie riche, compétitive et très diversifiée, appuyée par des secteurs à forte valeur ajoutée. Elle met aussi en avant une structure de dette jugée solide, un accès robuste au marché grâce à une maturité moyenne longue et à un profil de refinancement favorable, ainsi qu’une position extérieure saine soutenue par l’appartenance à la zone euro, une base d’exportation géographiquement diversifiée en Europe et des industries exportatrices compétitives.
Pressions budgétaires et risque politique
Scope souligne toutefois plusieurs contraintes qui pèsent sur la qualité de crédit du pays, notamment un endettement public élevé et en hausse, alimenté par de larges déficits budgétaires, des incertitudes sur les plans de consolidation et des pressions structurelles sur les dépenses. L’agence relève également des difficultés persistantes de gouvernance, liées à des rigidités institutionnelles ainsi qu’à une forte fragmentation et polarisation politiques aux niveaux fédéral et régional.Elle ajoute que les développements politiques récents ont accru les risques entourant la consolidation budgétaire. Le 2 novembre 2026, le Premier ministre Bart De Wever a présenté sa démission après l’échec des négociations de coalition sur le budget 2027, ce qui met en lumière les difficultés récurrentes à dégager un consensus sur les mesures d’ajustement budgétaire. La perspective stable repose néanmoins sur l’hypothèse d’un règlement rapide de la crise politique actuelle et de la mise en oeuvre d’une part importante du programme gouvernemental de consolidation à moyen terme, afin de permettre une réduction graduelle des déficits dans les prochaines années.
Notre précédent article sur la trajectoire budgétaire française pour 2027-2029 revenait sur l’objectif maintenu de ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2029, malgré un niveau attendu autour de 5,4 % en 2026 et des doutes croissants sur la faisabilité. Nous y expliquions aussi que la procédure européenne pour déficit excessif et le report de l’échéance de retour sous 3 % renforcent la pression sur l’exécutif, dans un contexte de fragilité politique et de hausse du coût de la dette.
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