Parti socialiste, Delga pousse à une rupture avec LFI avant les municipales
À deux semaines des municipales des 15 et 22 mars, le débat sur les accords de second tour à gauche se durcit, alors que plusieurs partenaires de La France insoumise prennent publiquement leurs distances. Selon Le Monde, dans un entretien à La Tribune dimanche publié le 1er mars, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, demande à la direction du Parti socialiste une « rupture claire et définitive » avec LFI et juge qu’une alliance serait un « déshonneur ».
Points forts
- Carole Delga affirme qu'une fusion avec LFI après le premier tour constituerait un « reniement » de l’histoire du Parti socialiste pour les municipales.
- La direction du PS n’exclut pas des alliances « au cas par cas » dans certaines villes, alimentant l’incertitude locale, notamment à Toulouse.
- Delga envisage des désistements sans fusion au profit de LFI uniquement pour empêcher une victoire du Rassemblement national, dissociant barrage électoral et alliance programmatique.
Une ligne rouge posée pour les listes PS
Carole Delga affirme que toute fusion avec LFI après le premier tour constituerait, selon elle, un « reniement » de l’histoire du Parti socialiste. Elle prévient que si une union se concrétise « dans quelque ville que ce soit », elle entendra le rappeler publiquement aux socialistes concernés. L’élue dit ne pas partager la vision de LFI sur le vivre-ensemble, la République et la laïcité, et défend une gauche qui « rassemble » plutôt qu’elle n’« antagonise » la société.Toulouse et les triangulaires au cœur des calculs
La question des alliances se pose notamment à Toulouse, où le candidat socialiste François Briançon pourrait jouer un rôle clé au second tour. Un basculement y supposerait potentiellement de capter des voix venant du candidat « insoumis » François Piquemal, scénario que Carole Delga écarte explicitement. Elle assure qu’elle ne recherchera pas une victoire « au prix du déshonneur » et promet que, dans ce cas, « ce sera sans moi ». En parallèle, la direction du PS n’exclut pas des alliances « au cas par cas » dans certaines villes, ce qui entretient l’incertitude localement.Désistements possibles, sans fusion, face au RN
Carole Delga dit toutefois ne pas fermer la porte à des désistements si une municipalité risque de basculer au Rassemblement national. Elle évoque la possibilité de « se retirer, mais sans fusion », y compris au bénéfice de LFI, afin de contrer une victoire du RN. Cette position vise à dissocier, d’une part, une stratégie de barrage électoral contre l’extrême droite et, d’autre part, la constitution d’alliances programmatiques avec LFI. Le contexte national pèse aussi sur les discussions, LFI et Jean-Luc Mélenchon étant sous pression médiatique et politique depuis deux semaines, ce qui pousse plusieurs alliés à afficher leurs distances.Nous avons précédemment rapporté la décision du Conseil d’Etat confirmant que le ministère de l’intérieur pouvait classer La France insoumise dans la catégorie « extrême gauche » pour la présentation administrative des candidatures aux municipales. Les juges ont estimé que ce choix ne constituait pas une erreur manifeste et ne portait pas atteinte à la sincérité du scrutin, tout en rappelant la distinction entre la « nuance » attribuée par l’administration et l’étiquette revendiquée par les partis.
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