Le gouvernement français n’exclut pas de taxer les superprofits de TotalEnergies
La hausse des bénéfices de TotalEnergies relance en France le débat sur une taxation exceptionnelle des groupes pétroliers, dans un contexte de flambée des prix des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient. L’exécutif affirme ne rien s’interdire si des profits exceptionnels sont confirmés, tandis que le groupe met en avant ses mesures de plafonnement des prix des carburants.
Points forts
- TotalEnergies a enregistré un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars au dernier trimestre, en hausse de 51 %, grâce à la flambée des prix des hydrocarbures.
- Le gouvernement français, sous pression politique, n’exclut pas de taxer à 20 % les superprofits pétroliers pour financer des aides directes face à la hausse des prix de l’énergie.
- TotalEnergies affirme redistribuer ses profits via le plafonnement du prix des carburants depuis février 2023, mais fait toujours face à des critiques politiques diverses.
Résultats trimestriels et débat sur une surtaxe
Comme le rapporte Le Monde, les critiques politiques se multiplient après la publication de résultats trimestriels en forte hausse pour TotalEnergies. Le bénéfice net du groupe atteint 5,8 milliards de dollars, soit 4,96 milliards d’euros, en progression de 51 % sur un an, porté par l’envolée des prix des hydrocarbures.Le PDG Patrick Pouyanné met en avant dans un communiqué la capacité du groupe à capter la hausse des prix. Dans le même temps, TotalEnergies décide d’augmenter son dividende de 5,9 %, un niveau que l’entreprise présente comme la plus forte croissance parmi les majors pétrolières.
À gauche, plusieurs responsables accusent le groupe de profiter de la guerre et de privilégier les actionnaires. Les socialistes annoncent le dépôt d’une proposition de loi visant à instaurer une surtaxe de 20 % sur les bénéfices exceptionnels liés aux crises, avec l’objectif affiché de redistribuer cet argent aux ménages confrontés à des factures de carburant élevées.
Pression politique et réponse de TotalEnergies
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, déclare que personne ne doit profiter de la crise et qu’aucun superprofit ne doit être réalisé, tout en refusant de participer à un « Total bashing ». Au Sénat, le premier ministre Sébastien Lecornu estime que des résultats exceptionnels posent la question d’une redistribution et appelle TotalEnergies à se positionner sur la manière de redistribuer une partie de ces gains.Le chef du gouvernement annonce aussi que chaque euro supplémentaire de fiscalité perçu à la pompe sera affecté aux mécanismes d’aides directes déjà mis en place. Début avril, il affirme déjà ne pas avoir d’objection de principe à une taxation des superprofits pétroliers, un débat qui reprend de l’ampleur en Europe avec la poursuite de la flambée des prix de l’énergie.
TotalEnergies répond qu’il redistribue déjà ses profits aux consommateurs via le plafonnement du prix des carburants, une politique appliquée depuis février 2023 et que le groupe dit vouloir poursuivre. Cette défense ne désamorce pas les critiques venues aussi bien de la gauche que du Rassemblement national, ni celles de François Ruffin, qui regrette que ces bénéfices ne soient pas davantage orientés vers l’investissement d’avenir et la sortie des énergies fossiles.
Notre précédente analyse des résultats trimestriels de TotalEnergies mettait en avant un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars et une hausse du dividende intérimaire de 5,9 %, accompagnés de rachats d’actions et d’investissements (dont dans les renouvelables). Nous y soulignions aussi que ces annonces soutenaient la dynamique du titre TTE, avec des repères techniques clés à court terme autour des zones de support et de résistance.
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