France, les syndicats mobilisent sur les salaires et le travail du 1er-Mai

France, les syndicats mobilisent sur les salaires et le travail du 1er-Mai
Syndicats en action 1er-Mai

Dans un contexte de débat tendu sur le travail le 1er-Mai, les syndicats défilent vendredi dans toute la France pour défendre ce jour férié chômé et remettre les salaires au centre des revendications. Plus de 320 manifestations sont prévues et un peu plus de 100 000 personnes sont attendues, sur fond de hausse des prix des carburants et d’inflation supérieure à 2 %.

Points forts

  • La mobilisation du 1er mai regroupe plus de 320 manifestations et environ 100 000 participants attendus, contre 157 000 à 300 000 l’année dernière selon les sources.
  • Les syndicats exigent une revalorisation du smic de 5 % et une indexation des salaires alors que l’inflation dépasse 2 %, relançant la pression sur le gouvernement.
  • Le gouvernement limite l’ouverture du 1er mai aux boulangers et fleuristes sous condition d’accords de branche pour 2027, abandonnant la proposition de loi élargie.

Mobilisation nationale et bras de fer sur le jour férié

Comme le rapporte Le Monde, les organisations syndicales profitent de la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs pour maintenir la pression sur le gouvernement, après plusieurs semaines de controverse sur l’ouverture de certains commerces le 1er-Mai.

A Paris, le cortège part de la place de la République peu après 14 heures en direction de la place de la Nation, avec notamment la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, et son homologue de la CGT, Sophie Binet. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, indique jeudi soir que 320 manifestations sont prévues dans le pays, avec un peu plus de 100 000 participants attendus, contre entre 157 000 et 300 000 manifestants l’an dernier selon la police et la CGT.

Marylise Léon affirme que « le 1er-Mai 2026 ne doit pas être différent du 1er-Mai 2025 ou de 2024 » et insiste sur le fait que l’ouverture des commerces ne doit pas devenir la règle. Sophie Binet dénonce pour sa part une « cacophonie gouvernementale » sur l’emploi de salariés ce jour-là et recentre le débat sur un plan de hausse des salaires.

Salaires, inflation et incertitudes pour les commerces

Les responsables syndicaux mettent en avant le pouvoir d’achat, alors que l’inflation est estimée à plus de 2 %. Marylise Léon estime que le smic doit être relevé et plaide en parallèle pour des négociations dans les branches professionnelles, tandis que Sophie Binet demande dans une lettre au premier ministre une hausse de 5 % du smic et une indexation des salaires sur les prix.

Face au rejet unanime des syndicats, le gouvernement écarte une proposition de loi plus large, portée notamment par Gabriel Attal, qui visait plusieurs secteurs, dont les commerces de bouche, les fleuristes et les établissements culturels. L’exécutif veut désormais limiter cette possibilité aux seuls artisans boulangers et fleuristes, sous réserve d’accords de branche, avec une entrée en vigueur visée avant le 1er mai 2027.

Dans l’intervalle, l’incertitude demeure pour ce vendredi. Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, assure ne donner aucune instruction particulière aux inspecteurs du travail et appelle à « l’intelligence collective » pour éviter de pénaliser les boulangers et fleuristes faisant travailler des salariés volontaires, rémunérés au double. Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française, affirme que 70 % des boulangeries ouvrent ce 1er mai, tandis que des représentants de l’inspection du travail alertent sur un climat de flou et sur des capacités de contrôle limitées.

Dans notre précédent article sur la mobilisation du 1er-Mai et la polémique autour du travail pendant ce jour férié, nous détaillions l’ampleur des manifestations prévues (320 rassemblements, dont un grand cortège à Paris) et les revendications syndicales liées au pouvoir d’achat. Nous expliquions aussi que le gouvernement avait resserré son projet à une ouverture encadrée pour les seuls artisans boulangers et fleuristes, tandis qu’un flou réglementaire persistait faute de consignes claires sur les contrôles.

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