Banque de France, l’audition d’Emmanuel Moulin met en jeu la gouvernance monétaire et le taux du Livret A
Le Parlement examine ce mercredi 20 mai la candidature d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, dans un climat politique tendu à un an de l’élection présidentielle. Le futur gouverneur doit non seulement siéger au Conseil des gouverneurs de la BCE, mais aussi formuler dès la mi-juillet une recommandation sensible sur la rémunération du Livret A.
Points forts
- Emmanuel Moulin, soutenu par Emmanuel Macron, est auditionné ce 19 juin par le Parlement pour succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France.
- Le prochain gouverneur devra recommander mi-juillet le taux du Livret A actuellement fixé à 1,5 %, décision attendue par les épargnants pour application au 1er août.
- La nomination intervient dans un contexte institutionnel tendu et influence la crédibilité de la gouvernance monétaire française ainsi que la position au Conseil des gouverneurs de la BCE.
Auditions parlementaires et responsabilités du poste
Comme le rapporte Le Monde, les commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée nationale auditionnent ce mercredi Emmanuel Moulin, candidat soutenu par Emmanuel Macron pour succéder à François Villeroy de Galhau. Ancien secrétaire général de l’Elysée, ex-directeur général du Trésor entre fin 2020 et début 2024, et auparavant directeur de cabinet de Bruno Le Maire, il prendrait, en cas de validation, un mandat de six ans renouvelable une fois.La procédure ne s’annonce pas comme une simple formalité. Dans un contexte de nominations de plus en plus contestées au Parlement, l’issue des votes revêt un enjeu à la fois institutionnel et politique pour l’exécutif.
L’une des premières décisions suivies de près concerne le Livret A. Le prochain gouverneur doit recommander au gouvernement, à la mi-juillet, le niveau de rémunération applicable au 1er août, alors que ce taux, révisé tous les six mois, est actuellement fixé à 1,5 %.
Poids économique de la Banque de France
Au-delà de ce dossier très visible pour les épargnants, la Banque de France conserve un rôle central dans le fonctionnement économique du pays et de la zone euro. Créée en 1800, l’institution n’exerce plus seule la politique monétaire depuis la mise en place de l’euro à la fin des années 1990, mais son gouverneur siège au Conseil des gouverneurs de la BCE, organe qui pilote cette politique pour l’ensemble de la zone euro.La loi encadre ses missions par un principe d’indépendance, l’institution ne pouvant solliciter ni accepter d’instructions du gouvernement ou d’une autre personne. Dans la séquence politique actuelle, cette autonomie accroît encore la portée de la nomination, car elle touche à la crédibilité de la gouvernance monétaire française et à la conduite de missions essentielles pour l’économie.
Dans notre précédent article sur la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, nous expliquions que la flambée durable des prix du pétrole entretenait le risque d’une inflation persistante et d’un ralentissement économique. Nous relevions aussi que cette tension se traduisait par une remontée des rendements souverains, plaçant notamment la France parmi les pays européens plus exposés à un renchérissement durable du coût de financement.
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