Carbon en liquidation judiciaire fragilise la stratégie française du solaire
Le revers subi à Fos-sur-Mer relance les doutes sur la capacité de la France à bâtir une production nationale de panneaux solaires à grande échelle. Le projet visait plus de 10 millions de panneaux par an et devait réduire la dépendance aux importations chinoises dans une technologie clé pour l’électricité bas-carbone.
Points forts
- Carbon a été placée en liquidation judiciaire le 13 mai, abandonnant son projet de gigafactory solaire de 5 GW à Fos-sur-Mer.
- La fin du projet prive la filière solaire française de plus de 10 millions de panneaux annuels et 3 000 emplois directs prévus en Bouches-du-Rhône.
- L’échec de Carbon fragilise la stratégie industrielle solaire française et jette le doute sur l’objectif national de 10 GW de production d’ici à 2035.
Un projet industriel majeur abandonné à Fos-sur-Mer
Comme l’a rapporté Le Monde, la société Carbon, qui portait depuis mars 2022 un projet de gigafactory solaire à Fos-sur-Mer, a été placée en liquidation judiciaire le 13 mai. L’entreprise a ensuite confirmé sur LinkedIn, le 19 mai, que son aventure industrielle prenait fin.Le site prévu devait s’étendre sur 45 hectares et produire chaque année plus de 10 millions de panneaux solaires. Carbon visait une capacité annuelle de 5 GW, depuis les lingots de silicium jusqu’aux cellules et modules, avec la promesse de 3 000 emplois directs et durables dans les Bouches-du-Rhône.
La chute du projet est d’autant plus marquante que l’entreprise comptait encore une quarantaine de salariés avant de tomber à moins de 10 ces derniers temps. Pour Daniel Bour, président d’Enerplan, il s’agit aujourd’hui d’un « désastre » pour la filière solaire française.
Des objectifs nationaux désormais plus incertains
Ce revers intervient alors que le gouvernement défend encore une montée en puissance de l’appareil productif national dans le solaire. Le 13 février, lors de la publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, il mettait en avant plusieurs projets d’usines susceptibles de produire jusqu’à 10 GW de composants sur différents maillons stratégiques de la chaîne de valeur d’ici à 2035.L’échec de Carbon remet ainsi en question la crédibilité de cette stratégie industrielle. Au-delà du cas de Fos-sur-Mer, il souligne la difficulté pour la France de faire émerger une filière intégrée capable de rivaliser avec la domination chinoise sur les équipements photovoltaïques.
Dans notre précédent article sur le partenariat entre Schneider Electric et Nvidia, nous revenions sur le lancement d’une plateforme d’IA « agentique » destinée à renforcer l’automatisation et l’efficacité des environnements industriels. Nous soulignions aussi que, malgré cette dynamique d’innovation, le titre restait sous pression à court terme, tandis que la tendance de fond demeurait haussière.
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