EDF, la Cour des comptes juge coûteux le rachat total par l’Etat

EDF, la Cour des comptes juge coûteux le rachat total par l’Etat
EDF, rachat contesté

Près de trois ans après l’annonce politique d’une renationalisation complète, la reprise à 100 % d’EDF par l’Etat est remise en cause sur son utilité économique. La Cour des comptes estime que l’opération de 9,7 milliards d’euros, finalisée en 2023, n’a apporté aucun financement nouveau au groupe.

Points forts

  • La Cour des comptes juge que la nationalisation totale d'EDF par l'État n'était pas justifiée alors que l'État détenait déjà 84 % du capital.
  • L'État a racheté les actions EDF à 12 euros l'unité, soit une prime supérieure à 40 % sur le cours d'environ 8,50 euros en 2022.
  • Cette acquisition de plus de 40 % de prime constitue la plus importante réalisée par l’Agence des participations de l’État depuis 2004 et suscite des recours d'actionnaires.

Un rapport critique sur le coût et la justification

Comme le relève la Cour des comptes dans un rapport publié le 28 mai, la détention intégrale d’EDF par l’Etat ne s’imposait pas alors que l’Etat contrôlait déjà près de 84 % du capital de l’électricien. L’institution estime que ni les enjeux de souveraineté et d’indépendance énergétiques, ni les besoins de financement du groupe, ni la volonté de renforcer son pilotage opérationnel ne justifiaient un passage à 100 %.

Le rapport de 60 pages qualifie ainsi l’opération d’investissement dont l’utilité n’est pas démontrée à ce jour. La décision trouve son origine dans une promesse faite par Emmanuel Macron en mars 2022, durant sa campagne pour un second mandat présidentiel, avant d’aboutir au rachat des actionnaires minoritaires en juin 2023.

Prime versée aux minoritaires et contestations

Selon les constats de la juridiction financière, cette reprise totale constitue la plus importante acquisition réalisée par l’Agence des participations de l’Etat depuis sa création en 2004. L’opération a reposé sur le versement d’une prime jugée non négligeable aux actionnaires minoritaires.

L’Etat a racheté les actions au prix unitaire de 12 euros, alors que le titre évoluait plutôt autour de 8,50 euros en 2022. Malgré cette prime de plus de 40 %, certains actionnaires ont estimé avoir été lésés et ont engagé des recours. Avant l’opération, environ 15 % du capital d’EDF étaient détenus par des investisseurs institutionnels et particuliers, et 1,3 % par des salariés actionnaires.

Dans notre précédent article sur l’appel de la Cour des comptes à ramener la Sécurité sociale à l’équilibre d’ici 2030, nous expliquions que l’institution jugeait un redressement possible en quelques années à condition d’engager rapidement une stratégie claire. Nous rappelions aussi que cet effort passerait par des arbitrages politiquement sensibles, notamment sur les retraites et l’assurance-maladie, dans un contexte de déficit social record.

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