Le patronat français dénonce le gel des allègements de cotisations avant la hausse du smic

Le patronat français dénonce le gel des allègements de cotisations avant la hausse du smic
Patronat contre gel cotisations

À la veille d’une revalorisation automatique du smic de 2,4 % au 1er juin, les principales organisations patronales françaises accentuent la pression sur le gouvernement au sujet du gel des allègements de cotisations sur les bas salaires. Elles estiment que cette décision alourdit le coût du travail pour les entreprises dans un contexte de ralentissement économique, de chômage repassé au-dessus de 8 % et de tensions liées au conflit au Moyen-Orient.

Points forts

  • La hausse du smic de 2,4 % au 1er juin, combinée au gel des allègements de cotisations, accroît le coût du travail pour les employeurs français.
  • Le gouvernement maintient l’enveloppe des allègements pour réaliser 6 milliards d’euros d’économies, malgré l’opposition du Medef, CPME, U2P, FNSEA, UDES et Fesac.
  • Les organisations patronales dénoncent un quatrième resserrement en trois ans qui fragilise particulièrement les entreprises employant de la main-d’œuvre peu qualifiée.

Mobilisation patronale contre une mesure jugée pénalisante

Comme le rapporte La Tribune Dimanche, les dirigeants du Medef, de la CPME, de l’U2P, de la FNSEA, de l’UDES et de la Fesac dénoncent dans une tribune une décision prise, selon eux, sans concertation avec les représentants des entreprises. Ils parlent d’une « double peine » au « pire moment pour les entreprises » et appellent l’exécutif à renouer le dialogue.

Le gouvernement maintient l’enveloppe budgétaire consacrée aux allègements de cotisations sociales sur les bas salaires alors que le smic augmente de 2,4 % le 1er juin, sous l’effet de l’inflation. Pour les organisations patronales, les employeurs doivent ainsi absorber à la fois une hausse du coût du travail et une diminution mécanique de l’effet de ces allègements, censés en limiter l’impact.

Les signataires, parmi lesquels Patrick Martin pour le Medef et Amir Reza-Tofighi pour la CPME, dénoncent un « contresens économique » et un « choix politique délibéré ». Selon eux, la mesure risque de toucher en priorité des entreprises ancrées dans les territoires et employant de nombreux salariés faiblement qualifiés.

Économies budgétaires et tensions avec les entreprises

Le ministre des comptes publics, David Amiel, a confirmé la semaine dernière cette orientation redoutée par le patronat mais saluée par les syndicats. Le gouvernement cherche 6 milliards d’euros d’économies pour faire face au coût du conflit au Moyen-Orient, et cette mesure doit figurer dans un prochain décret.

Les organisations patronales affirment qu’il s’agit du quatrième coup de rabot en trois ans sur ce type de dispositifs. Elles estiment que cette accumulation fragilise davantage les entreprises déjà confrontées aux conséquences de la guerre et à une dégradation du marché du travail.

Mardi, Thierry Marx, président de l’Union des métiers de l’hôtellerie-restauration, a lui aussi alerté le premier ministre sur les effets attendus du gel dans une lettre réclamant l’ouverture d’une concertation. Cette prise de position élargit la contestation à un secteur fortement exposé au coût du travail peu qualifié.

Dans notre précédent article sur le gel des allègements de cotisations sur les bas salaires, nous expliquions que la revalorisation automatique du SMIC de 2,4 % au 1er juin, sans ajustement de l’enveloppe d’exonérations, réduisait mécaniquement le soutien aux employeurs. Nous soulignions aussi que les organisations patronales y voyaient une « double peine » et réclamaient la reprise du dialogue avec l’exécutif, en alertant sur les risques pour l’emploi et les marges dans les secteurs les plus exposés.

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