France, des chercheurs appellent à renforcer le financement de l’IRES

France, des chercheurs appellent à renforcer le financement de l’IRES
Soutien crucial à l’IRES

Face aux tensions budgétaires qui fragilisent l’Institut de recherches économiques et sociales, des chercheurs demandent à l’Etat de stabiliser son soutien à cette structure dédiée au monde du travail. Leur appel intervient dans un contexte de mutations technologiques, de transition climatique et de difficultés persistantes sur le marché de l’emploi en France.

Points forts

  • Des chercheurs demandent un renforcement urgent du financement de l’IRES pour sécuriser son rôle d’expertise sociale face à l’affaiblissement budgétaire actuel.
  • L’IRES est jugé essentiel pour des analyses pluralistes sur l’intelligence artificielle, la fragmentation de l’emploi ou la transition écologique, notamment face à la stagnation du chômage et à la hausse des arrêts de travail.
  • Contrairement à l’IRES en France, des instituts européens comme le WSI en Allemagne disposent de moyens supérieurs, soulignant un risque de perte de compétitivité analytique pour la France.

Un appel à sécuriser une expertise sociale

Dans une tribune publiée par Le Monde, des chercheurs estiment que la France doit réinvestir dans la production de connaissances au service des acteurs économiques et sociaux, en particulier via l’Institut de recherches économiques et sociales, ou IRES. Ils rappellent que l’institut, créé au début des années 1980 avec d’autres centres d’études, s’inscrit dans une architecture pensée pour éclairer les enjeux du monde économique et social grâce à des expertises pluralistes et autonomes.

Selon les signataires, l’affaiblissement budgétaire de l’IRES menace cet équilibre. Ils soulignent que d’autres pays européens disposent d’organismes comparables, souvent mieux dotés, citant notamment l’institut économique et social WSI en Allemagne.

Des enjeux de travail qui renforcent la demande d’analyse

Les auteurs de la tribune jugent que les besoins de recherche s’intensifient alors que les transformations du travail s’accélèrent sous l’effet des avancées technologiques, du vieillissement et de la transition climatique. Ils mettent aussi en avant la situation française, où le chômage ne recule plus, où les arrêts de travail restent nombreux et où les décès au travail se comptent par centaines.

L’IRES produit des travaux destinés à outiller les syndicats et, plus largement, le monde du travail sur des sujets comme l’intelligence artificielle, la fragmentation de l’emploi, les aides publiques aux entreprises, la transition écologique et les réformes du dialogue social. Les chercheurs estiment que ces défis ne peuvent être traités sans une recherche associant étroitement universitaires, citoyens, pouvoirs publics et acteurs économiques et sociaux.

Dans notre précédent article sur le recul des droits des travailleurs selon l’indice 2026 de la Confédération syndicale internationale, nous expliquions que la dégradation touche aussi des démocraties comme la France, avec des restrictions accrues des libertés syndicales. Nous soulignions notamment la pression sur la négociation collective, la surveillance numérique des salariés et la marginalisation des syndicats dans l’élaboration des règles du travail.

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