France appelle à renforcer le financement de l’IRES pour soutenir l’expertise du travail
Face aux restrictions budgétaires qui fragilisent l’Institut de recherches économiques et sociales, des chercheurs demandent à l’Etat de pérenniser son soutien à cette institution liée au dialogue social. Leur appel intervient dans un contexte de fortes mutations du travail, entre changements technologiques, transition climatique et dégradation persistante de certains indicateurs sociaux en France.
Points forts
- Des chercheurs appellent à un renforcement durable du financement public de l’IRES, crucial pour maintenir une expertise indépendante du travail en France.
- Ils soulignent que l’IRES, confronté à une augmentation des enjeux liés aux transformations technologiques, climatiques et démographiques, manque de moyens face à ses homologues européens mieux dotés.
- Les signataires estiment que les défis du marché du travail français nécessitent une recherche pluraliste impliquant chercheurs, citoyens, pouvoirs publics et acteurs économiques et sociaux.
Un appel à préserver une expertise indépendante
Comme le rapporte Le Monde, des chercheurs, dont les économistes Christine Erhel et Michaël Zemmour, plaident pour un réengagement durable de l’Etat envers l’IRES, un organisme créé au début des années 1980 pour produire des connaissances au service des organisations syndicales.Ils inscrivent cette demande dans un choix historique plus large de la France, qui avait alors mis en place plusieurs centres d’études afin d’éclairer les questions économiques et sociales, aux côtés notamment de l’Observatoire français des conjonctures économiques et de ce qui est devenu Rexecode.
Selon les signataires, cette architecture a contribué à structurer un espace de recherche pluraliste, fondé sur la confrontation des analyses et l’autonomie des expertises. Ils soulignent aussi que d’autres pays européens disposent d’instituts comparables, parfois mieux dotés, à l’image de l’institut économique et social WSI en Allemagne.
Des enjeux croissants pour le monde du travail
Les auteurs estiment que le besoin de connaissances appliquées au travail se renforce alors que les interrogations sur son avenir restent vives. Ils citent les effets des transformations technologiques, de la transition climatique et du vieillissement, dans un contexte où le chômage ne recule plus en France, où les arrêts de travail restent nombreux et où les morts au travail se comptent par centaines.L’IRES produit, selon eux, des travaux utiles bien au-delà du seul champ syndical, en abordant des sujets comme l’intelligence artificielle, la transition écologique, la fragmentation du monde du travail, les aides publiques aux entreprises ou encore les réformes du dialogue social. Les signataires jugent que ces défis ne peuvent pas être relevés sans une recherche associant étroitement chercheurs, citoyens, pouvoirs publics et acteurs économiques et sociaux.
Dans notre précédent article sur le recul des droits des travailleurs selon l’indice 2026 de la Confédération syndicale internationale (CSI), nous expliquions que la dégradation touche aussi des démocraties comme la France et les États-Unis, avec des restrictions accrues des libertés syndicales. Nous soulignions également les alertes sur la pression exercée sur la négociation collective, la surveillance numérique des salariés et la marginalisation des syndicats dans l’élaboration des lois du travail.
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