Nouvelle-Calédonie forme une majorité de gouvernance au Congrès pour la mandature 2026-2031

Nouvelle-Calédonie forme une majorité de gouvernance au Congrès pour la mandature 2026-2031
Majorité unie au Congrès

Après les élections provinciales du 28 juin, les formations non-indépendantistes de Nouvelle-Calédonie s'allient avec L'Eveil océanien pour sécuriser une majorité au Congrès. Cet accord de gouvernance prépare la répartition des principaux postes institutionnels et met de côté les divergences sur l'avenir institutionnel au profit de priorités économiques, sociales et de cohésion.

Points forts

  • L'Eveil océanien et les principaux partis non-indépendantistes de Nouvelle-Calédonie annoncent le 9 juillet un accord de gouvernance formant une nouvelle majorité pour la mandature 2026-2031.
  • L'accord attribue la présidence du Congrès à Virginie Ruffenach, celle du gouvernement à Milakulo Tukumuli et prévoit une répartition des sièges favorisant les Loyalistes et L'Eveil océanien.
  • Le renouvellement du corps électoral à 192 500 inscrits après les émeutes meurtrières de mai 2024 (14 morts, plus de 2 milliards d'euros de dégâts) influence les enjeux politiques et socio-économiques de la coalition.

Accord politique et répartition des postes

Comme le rapporte Le Monde, les principaux partis non-indépendantistes et le mouvement centriste L'Eveil océanien présentent le 9 juillet un accord de gouvernance qui ouvre la voie à une nouvelle majorité au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Le texte est présenté lors d'une conférence de presse par Sonia Backès, Virginie Ruffenach, Nicolas Metzdorf, Gil Brial et Milakulo Tukumuli, après un scrutin où les quatre élus de L'Eveil océanien détiennent la clé de la majorité.

L'accord prévoit l'élection de Virginie Ruffenach à la présidence du Congrès, effectivement acquise le vendredi suivant, puis celle de Milakulo Tukumuli à la tête du gouvernement à la fin du mois. Il attribue aussi la présidence de la commission permanente du Congrès à Veylma Falaeo, tandis que la composition du gouvernement doit revenir pour quatre sièges aux Loyalistes, un au Rassemblement et la présidence à L'Eveil océanien.

Prévu pour la mandature 2026-2031, le compromis vise quatre priorités, reconstruire le modèle économique et social calédonien, donner un avenir à la jeunesse, retisser la cohésion calédonienne et transformer la manière de gouverner. Milakulo Tukumuli affirme que les partenaires trouvent un compromis pour gouverner ensemble et choisissent de s'élever au-dessus de leurs divergences au nom de l'intérêt commun.

Contexte électoral et enjeux pour le territoire

Cette nouvelle majorité marque le retour d'un rapprochement entre L'Eveil océanien et les formations loyalistes, déjà alliés après les élections provinciales de 2019. Cette première coalition s'était toutefois rapidement disloquée sur fond de désaccords liés au processus référendaire.

Sonia Backès indique que les partenaires cherchent à retirer les points de friction et à concilier leurs différences, tandis que Nicolas Metzdorf présente l'accord comme un compromis entre deux sensibilités économiques. Il défend une ligne privilégiant la création de richesse avant sa redistribution et juge préférable de négocier avec L'Eveil océanien plutôt que de laisser se former une politique de gauche depuis l'opposition.

Le scrutin du 28 juin repose sur un corps électoral gelé depuis 2007, réservé aux résidents installés avant 1998 et à leurs descendants. La question de son élargissement a déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024, qui ont fait 14 morts et causé plus de 2 milliards d'euros de dégâts, avant qu'une loi organique n'intègre finalement 10 575 natifs jusque-là exclus et ne porte le corps électoral de 169 000 inscrits en 2019 à 192 500.

Dans notre précédent article sur la nomination de Marie Gautier-Melleray à la tête de la Direction générale des collectivités locales (DGCL), nous expliquions que cette direction clé supervise notamment les concours financiers de l’État et les relations administratives et budgétaires avec les collectivités. Nous soulignions aussi que cette arrivée intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’État et les élus locaux, en particulier sur les enjeux financiers.

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