La France revoit à la hausse la croissance passée, un signal budgétaire pour l’économie
La révision des comptes nationaux publiés fin mai montre que l’économie française en 2023 et en 2024 résiste mieux qu’attendu. Cette relecture améliore aussi l’évaluation de la productivité et suggère que des marges budgétaires ont pu être sous-estimées au moment où la conjoncture se durcit.
Points forts
- Selon l’Insee, la croissance française 2023 est révisée de 0,9 % à 1,6 %, et celle de 2024 de 1,1 % à 1,5 %.
- La révision résulte principalement de l’accroissement des investissements des entreprises et du retour de l’industrie manufacturière au-dessus de 10 % du PIB.
- La productivité baisse de 4,3 points depuis le COVID, et non plus 5,5, ce qui rapproche la France de ses voisins européens.
Révisions de croissance et moteurs de l’activité
Comme l’a rapporté Le Monde, l’Insee, dans sa révision des comptes nationaux des années 2023 à 2025 publiée le 29 mai, l’activité économique française en 2023 et en 2024 apparaît plus solide que ne l’indiquaient les premières estimations.Pour 2023, la croissance passe de 0,9 % lors de l’estimation initiale de mars 2024 à 1,6 %. Selon les calculs de Rexecode corrigés des jours ouvrés, elle atteint même 1,9 %. Pour 2024, elle est relevée de 1,1 % à 1,5 %, ou à 1,4 % en tenant compte des jours ouvrés.
Deux facteurs expliquent principalement cette amélioration. Les entreprises ont davantage investi que ce que laissaient voir les premiers indicateurs, et l’industrie manufacturière accroît sa part dans le produit intérieur brut, repassant au-dessus de 10 %.
Conséquences pour la productivité et les finances publiques
Cette révision conduit aussi à réévaluer plus favorablement la trajectoire de la productivité française depuis la crise sanitaire. Alors que les premières mesures laissaient penser à une chute de 5,5 points, le recul est désormais ramené à 4,3 points.Cette correction rapproche la France du niveau de ses principaux voisins européens, alors qu’elle apparaissait auparavant comme le mauvais élève du continent. Dans ce contexte, la meilleure tenue passée de l’activité alimente l’idée que des marges de manœuvre budgétaires ont pu être moins visibles qu’attendu, alors même que l’environnement économique se tend.
Dans notre précédent article sur les coupes budgétaires liées au plan d’économies du budget 2026, nous soulignions l’écart entre les 6 milliards d’euros annoncés par le gouvernement et les estimations des parlementaires, plutôt comprises entre 2,9 et 4 milliards. Nous relevions aussi les réserves du Sénat et l’avis défavorable de la commission des finances de l’Assemblée, un signal politique qui accentue la pression sur l’exécutif à l’approche des arbitrages budgétaires.
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