La SNCF se prépare aux grands départs sous canicule, Castex alerte sur des risques opérationnels
À l’approche des premiers grands départs des vacances d’été, la SNCF dit mobiliser ses équipes pour absorber l’afflux de voyageurs malgré un nouvel épisode de canicule attendu en France. Le groupe ferroviaire prévient toutefois qu’un service normal ne peut pas être garanti à 100 % si les conditions météorologiques exceptionnelles perturbent de nouveau les infrastructures.
Points forts
- La SNCF annule préventivement certaines rames cette semaine pour garantir leur pleine opérationnalité lors des grands départs des 3 et 10 juillet.
- Près de 10 % des trains ont été annulés à cause de la canicule, affectant 33 000 voyageurs avec des retards supérieurs à trois heures la semaine précédente.
- Jean Castex souligne quarante à cinquante ans de sous-investissement dans l’infrastructure ferroviaire et justifie les prix des billets TGV par la nécessité d’investir face aux épisodes de chaleur extrême.
Préparatifs renforcés avant les pointes de trafic
Comme le rapporte Le Monde, Jean Castex, président-directeur général de la SNCF, affirme que l’entreprise se prépare à faire face au pic de voyageurs attendu dès vendredi, avec une concentration des grands départs les 3 et 10 juillet.Le dirigeant indique que certaines rames sont annulées de manière préventive cette semaine afin d’être vérifiées et rendues pleinement opérationnelles à partir du 3 juillet. Il précise que les équipes de maintenance, de surveillance des voies et des caténaires travaillent au maximum, y compris la nuit, dans des conditions de forte chaleur.
Jean Castex reconnaît que des ajustements restent possibles et dit ne pas pouvoir garantir un fonctionnement pleinement normal. Selon lui, une situation climatique tout à fait exceptionnelle ne permet pas d’attendre un service totalement standard.
Sous-investissement ancien et pression sur le réseau
La nouvelle vague de chaleur attendue en fin de semaine intervient après un précédent épisode caniculaire de deux semaines qui a fragilisé les infrastructures de transport, en particulier ferroviaires. Avec la hausse des températures, les rails se dilatent et les caténaires se détendent, ce qui peut provoquer des déchirures au passage des trains et interrompre immédiatement l’alimentation électrique ainsi que la climatisation à bord.La SNCF rappelle qu’un incident de ce type s’est produit près de la gare de l’Est le 18 juin. Plusieurs trains sont alors tombés en panne et des passagers sont restés bloqués dans les rames sans climatisation.
Selon un bilan communiqué par la SNCF le 25 juin, près de 10 % des trains sont annulés à cause de la canicule. Jean Castex précise que, sur 2,7 millions de voyageurs transportés la semaine précédente sur les lignes SNCF, 33 000 subissent un incident grave avec plus de trois heures de retard, soit 1,2 %, un niveau qu’il juge malgré tout trop élevé.
Le PDG reconnaît par ailleurs quarante à cinquante ans de sous-investissements dans les voies, la signalisation, les caténaires et les trains Intercités, citant notamment les rames Corail encore en circulation sur certaines lignes. Il défend la nécessité de nouveaux investissements pour adapter le réseau aux épisodes de chaleur extrême et justifie en partie le niveau élevé des billets TGV par la part de financement consacrée à ces dépenses.
Notre précédent article sur la polémique à l’Assemblée autour du bilan de la canicule revenait sur l’affrontement entre le gouvernement et les députés écologistes à propos de la préparation de l’État face aux vagues de chaleur. Nous y évoquions aussi la motion de censure annoncée, les demandes de commission d’enquête et les critiques visant la baisse des crédits du fonds vert dédié à l’adaptation climatique.
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