France, l’écart de croissance 2025 atteint 0,3 point par rapport aux prévisions budgétaires
Les hypothèses économiques retenues pour le projet de loi de finances 2025 tablaient sur un environnement plus favorable à l’activité française, avant que plusieurs chocs politiques et commerciaux ne viennent en réduire la portée. La croissance du PIB en 2025 s’établit finalement à 0,8 %, contre une prévision initiale de 1,1 %.
Points forts
- La croissance française en 2025 atteint 0,8 %, sous les 1,1 % prévus dans le PLF, soit un écart de 0,3 point.
- L'élection de Donald Trump et une motion de censure en France en décembre 2024 ont augmenté l'incertitude et freiné la consommation des ménages.
- La contribution du commerce extérieur a été inférieure aux anticipations du PLF 2025, notamment à cause de difficultés d'approvisionnement dans l'aéronautique.
Prévisions du PLF 2025 et révision du bilan
Selon Trésor, comme le rappelle la Direction générale du Trésor, le Gouvernement avait construit à l’été puis à l’automne 2024 son scénario macroéconomique du PLF 2025 sur une détente des principaux freins à l’activité, avec une baisse de l’inflation, un assouplissement monétaire et une accélération du commerce mondial.Dans ce cadre, une croissance de 1,1 % était attendue, soutenue surtout par la consommation des ménages et, dans une moindre mesure, par le commerce extérieur. Le risque lié à une possible élection de Donald Trump figurait déjà parmi les principaux aléas identifiés pour l’économie française.
Le bilan publié après coup montre toutefois un environnement moins porteur qu’anticipé. Selon les comptes annuels de l’Insee publiés en mai 2026, la croissance française en 2025 s’est établie à 0,8 %, soit un écart de 0,3 point avec la prévision gouvernementale.
Incertitudes politiques et effets sectoriels sur l’activité
L’élection de Donald Trump, puis les décisions économiques de son administration, notamment sur le commerce, ont accru l’incertitude internationale. En France, l’adoption d’une motion de censure le 2 décembre 2024 a également renforcé l’incertitude intérieure, ce qui a pesé sur la consommation des ménages.L’investissement privé a mieux résisté et est resté globalement stable, tandis que les mesures finalement retenues dans la loi de finances initiale pour 2025 ont entraîné une progression plus forte de la demande publique. Malgré ce double choc, l’activité est restée résiliente.
La contribution du commerce extérieur s’est révélée sensiblement plus faible que prévu dans le PLF 2025. Cet écart s’explique principalement par les difficultés d’approvisionnement du secteur aéronautique, dont l’effet direct sur la croissance reste toutefois limité, les avions produits mais non livrés soutenant en parallèle la contribution des stocks.
Dans notre précédent article sur le reflux des prix à la consommation en France en juin 2026, nous notions une baisse mensuelle de l’IPC portée surtout par la chute des prix de l’énergie et, dans une moindre mesure, par l’alimentation et les produits manufacturés. Sur un an, l’inflation ralentissait nettement, signe d’un apaisement global des tensions sur les prix, même si certains postes comme le tabac et les services restaient orientés à la hausse.
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