La France adopte une stratégie nationale pour accélérer l'économie sociale et solidaire

La France adopte une stratégie nationale pour accélérer l'économie sociale et solidaire
Stratégie ESS 2030 France

La France se dote d'une première stratégie nationale de l'économie sociale et solidaire, adoptée le 9 juillet 2026 par le Conseil supérieur de l'économie sociale et solidaire. Cette feuille de route fixe les priorités publiques jusqu'en 2030 pour renforcer le poids économique du secteur, qui représente 13,7% de l'emploi privé.

Points forts

  • La France lance une stratégie nationale pour l'économie sociale et solidaire avec 108 actions et vise 15% de l'emploi privé sous l'ESS d'ici 2030.
  • Le plan cible 3 500 structures agréées ESUS et 1,5 milliard d'euros d'épargne collectée par les entreprises solidaires à l'horizon 2030.
  • Son élaboration repose sur 70 consultations nationales, 18 régionales et un suivi annuel piloté par le Conseil supérieur de l'ESS et un futur Comité interministériel.

Feuille de route publique jusqu'en 2030

Selon Direction générale du Trésor, la stratégie vise à faire de l'économie sociale et solidaire un levier durable du développement économique, social et territorial du pays. Elle répond aussi à une recommandation du Conseil de l'Union européenne invitant les États membres à se doter d'un cadre national dédié.

Le document s'articule autour de cinq axes stratégiques, déclinés en 28 orientations, 108 actions et 10 indicateurs de suivi. Les priorités portent sur le renforcement de la gouvernance aux niveaux interministériel et territorial, la facilitation de l'investissement via notamment l'agrément ESUS et la finance solidaire, la mobilisation du secteur dans les grandes transitions, la promotion de l'ESS en France et le renforcement de son rayonnement à l'international.

Parmi les cibles retenues figurent une hausse de la part de l'ESS à 15% de l'emploi privé, 3 500 structures agréées ESUS d'ici 2030 et 1,5 milliard d'euros d'épargne collectée par les entreprises solidaires.

Concertation étendue et suivi institutionnel

L'élaboration de la stratégie s'appuie sur une concertation menée entre avril et septembre 2025 avec les représentants du secteur, les collectivités territoriales, les administrations, les acteurs économiques et les citoyens. Cette phase réunit 70 consultations nationales, 18 consultations régionales et près de 2 000 contributions en ligne.

Un groupe de travail issu du Conseil supérieur de l'ESS finalise ensuite le document entre décembre 2025 et juin 2026, avec la participation de plus de 60 services de l'État pour assurer la cohérence avec les politiques publiques existantes. La Direction générale du Trésor participe au pilotage, coordonne les consultations régionales et mène la concertation interministérielle autour d'une version partagée du texte.

La mise en œuvre fait l'objet d'un suivi annuel dans le cadre du Conseil supérieur de l'ESS, avec l'association des Régions pour articuler les niveaux national et régional. Un Comité interministériel de l'ESS doit être créé pour assurer le suivi transversal de la stratégie, tandis qu'une clause de revoyure en 2030 doit permettre d'évaluer les premiers résultats et de redéfinir la feuille de route suivante.

Dans notre précédent article, nous expliquions comment la France renforce la coordination de ses outils publics de financement (DG Trésor, AFD et Bpifrance Assurance Export) pour soutenir des projets structurants dans les pays émergents et en développement. Nous y détaillions l’articulation entre prêts du Trésor, garanties export, financements de l’AFD et assistance technique, avec des exemples de déploiement au Maroc (projets ferroviaires) et en Éthiopie (digitalisation du réseau électrique).

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