L’Assemblée suspend l’adoption de la loi d’urgence agricole au dossier des pesticides

L’Assemblée suspend l’adoption de la loi d’urgence agricole au dossier des pesticides
Loi agricole suspendue

Le projet de loi d’urgence agricole revient à l’Assemblée le 20 juillet pour un vote final qui reste incertain en raison des divisions sur les pesticides et l’eau. Le texte, très attendu par le monde agricole, arrive dans un contexte de tensions politiques au sein du bloc central et de sensibilité accrue aux enjeux environnementaux.

Points forts

  • Le vote final à l’Assemblée sur la loi d’urgence agricole reste incertain, principalement en raison du débat sur la possible réintroduction dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone.
  • Gabriel Attal pousse en interne pour un amendement de suppression des dispositions sur ces pesticides afin d’éviter une division publique chez les députés Renaissance.
  • Un sondage La Tribune indique que 32 % des Français citent désormais l’environnement parmi leurs trois principales préoccupations, en hausse de 12 points, compliquant la stratégie du gouvernement.

Vote final fragilisé par les arbitrages sur les pesticides

Comme le rapporte Le Monde, la version commune arrêtée en commission mixte paritaire doit encore être soumise à un ultime vote des députés en fin de soirée, avant un examen au Sénat mardi. Le point le plus sensible porte sur la possible réintroduction dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne, pour quelques filières en difficulté.

Matignon réunit lundi après-midi les chefs de file des groupes de la coalition gouvernementale, ainsi que le groupe LIOT et plusieurs ministres, afin d’évaluer les rapports de force avant le scrutin. Monique Barbut reconnaît que ce dossier reste le principal sujet de crispation, tandis qu’Annie Genevard estime qu’un rejet du texte accentuerait le malaise du monde agricole.

La question divise particulièrement le camp présidentiel. Selon un député Les Républicains interrogé par l’Agence France-Presse, Gabriel Attal pousse le gouvernement depuis deux jours à déposer un amendement de suppression de ces dispositions, une option qui permettrait d’éviter d’exposer publiquement les désaccords chez les députés Renaissance.

Tensions environnementales et pression politique accrue

Le débat sur ce texte se déroule alors que la question environnementale prend davantage de poids dans l’opinion. Le retour du projet de loi à l’Assemblée intervient après trois pics de chaleur en moins de deux mois et dans un contexte où les incendies remettent les enjeux climatiques et écologiques au premier plan.

Le stockage de l’eau pour l’irrigation agricole reste lui aussi un point de friction dans le texte. Plusieurs rassemblements contre la loi sont prévus cette semaine, dont un lundi soir aux Invalides à Paris, signe que l’examen parlementaire dépasse désormais le seul cadre agricole.

Selon un sondage réalisé pour La Tribune dimanche, 32 % des Français placent désormais la protection de l’environnement parmi leurs trois principales préoccupations, soit une hausse de 12 points. Cette évolution complique encore l’équation politique du gouvernement au moment où il tente de sécuriser l’adoption du texte.

Dans notre précédent article sur le projet de loi d’urgence agricole, nous expliquions que l’accord trouvé en commission mixte paritaire n’avait pas suffi à éteindre les divisions à l’Assemblée. Nous soulignions notamment la controverse autour d’une possible réintroduction dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone, ainsi que les désaccords sur la gouvernance de l’eau et l’augmentation des capacités de stockage, qui laissaient planer le risque d’un rejet lors du vote final.

Ce matériel peut contenir des opinions de tiers, aucune des données et informations sur cette page web ne constitue un conseil en investissement selon notre Avertissement. Bien que nous respections une stricte Intégrité Éditoriale, ce post peut contenir des références à des produits de nos partenaires.