Le ministère de l'Agriculture renforce la prévention du mal-être agricole en France

Le ministère de l'Agriculture renforce la prévention du mal-être agricole en France
Prévention du mal-être agricole

Face à des tensions économiques et climatiques persistantes dans le monde agricole, les autorités françaises réaffirment leur mobilisation autour de la prévention du mal-être des exploitants. La réunion du 14e Comité national de pilotage met aussi en avant la santé mentale, les violences faites aux femmes et le suivi accru des difficultés financières dans les fermes.

Points forts

  • Le taux de suicide chez les agriculteurs reste supérieur de 43 % à la moyenne, accentué par la canicule et des pressions économiques accrues.
  • En 2025, le ministère de la Justice recense 673 règlements amiables agricoles (+39 %), 1 278 défaillances d'entreprises agricoles (+21 %) et 445 liquidations judiciaires (+13,5 %).
  • La campagne Agri'écoute a vu doubler les appels depuis sa relance, et France Services Agriculture accompagnera les transmissions d'exploitation à partir du 1er janvier 2027.

Feuille de route interministérielle et dispositifs de soutien

Selon Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, citant le ministère de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, le 14e Comité national de pilotage du Plan de prévention du mal-être en agriculture se tient le 30 juin 2026 sous la présidence d'Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel. Annie Genevard y réaffirme l'engagement du gouvernement dans la prévention du mal-être des agriculteurs, dans un contexte de pressions multiples sur les exploitations.

La ministre rappelle que le taux de suicide des agriculteurs reste supérieur de 43 % à celui des assurés des autres régimes de sécurité sociale. Elle souligne aussi que la canicule actuelle et ses effets sur les élevages et les cultures risquent d'aggraver la situation, tout en saluant l'action des 93 coordinateurs départementaux et de plus de 10 500 sentinelles agricoles de la MSA.

La séance aborde également la santé mentale comme priorité publique plus large. Sylviane Gollard présente le bilan de la grande cause nationale 2025-2026, tandis que la Direction générale du travail expose le Plan Santé au travail 2026-2030, centré sur la prévention, la préservation de la santé au travail et les risques émergents.

La Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole fait état d'un doublement des appels à Agri'écoute depuis la relance de sa campagne de communication et annonce un futur accueil en créole aux Antilles. Le dispositif France Services Agriculture doit par ailleurs accompagner cédants et repreneurs à partir du 1er janvier 2027, alors que l'Aide à la relance des exploitations agricoles continue d'être ajustée pour soutenir les fermes en difficulté.

Pressions économiques et enjeux sociaux dans les territoires ruraux

Les échanges mettent en lumière le poids croissant des difficultés économiques dans la dégradation de la situation sociale en agriculture. Pour 2025, le ministère de la Justice recense 673 règlements amiables agricoles, en hausse de 39 %, 1 278 défaillances d'entreprises agricoles, en progression de 21 %, et 445 liquidations judiciaires, en augmentation de 13,5 %.

Le comité traite aussi des violences faites aux femmes en milieu rural, présentées comme un axe transversal des travaux. Roxana Maracineanu annonce la signature d'une convention avec l'Ordre des vétérinaires pour améliorer la détection des violences intrafamiliales dans les exploitations, tandis que les CIDFF, la MSA et Solidarité Paysans détaillent leurs actions de proximité.

Plus de 60 participants, issus des services de l'État, des organisations professionnelles, des syndicats, des associations et des partenaires bancaires et mutualistes, prennent part à la réunion. Olivier Damaisin appelle à poursuivre l'action collective et indique que le prochain comité national de pilotage doit se tenir autour de la mi-septembre 2026.

Dans notre précédent article sur le projet de loi d’urgence agricole, nous expliquions que son retour à l’Assemblée pour le vote final restait incertain en raison de fortes divisions sur les pesticides et la gestion de l’eau. Nous soulignions notamment la controverse autour d’une possible réintroduction dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone, dans un climat politique et environnemental tendu qui pèse sur les décisions en faveur des filières agricoles.

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