Le RN défend son projet d’interdire le voile dans l’espace public

Le RN défend son projet d’interdire le voile dans l’espace public
RN veut interdire le voile

En pleine campagne présidentielle, le Rassemblement national maintient sa proposition de pénaliser le port du voile islamique dans l’espace public. Cette ligne, confirmée par Marine Le Pen après les déclarations de Jean-Philippe Tanguy, déclenche des critiques sur la liberté religieuse et sur sa faisabilité juridique et opérationnelle.

Points forts

  • Le RN réaffirme vouloir interdire le port du voile islamique dans l’espace public par amende, et soumettre la mesure à référendum.
  • Le projet soulève une forte opposition des candidats Républicains et Renaissance, qui dénoncent respectivement une mesure inapplicable et liberticide.
  • La mise en œuvre nécessiterait une révision constitutionnelle via l’article 89, posant un obstacle juridique et un risque institutionnel en cas de victoire du RN.

Projet politique et réactions des candidats

Comme le rapporte Le Monde, le RN réaffirme son intention de soumettre à des amendes les femmes portant le voile islamique dans la sphère publique afin d’en interdire le port. Mardi matin sur Franceinfo, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy assume cette position et affirme que certains symboles peuvent devoir être abandonnés lorsqu’ils sont, selon lui, accaparés par une idéologie.

Marine Le Pen confirme lundi soir qu’elle soumettrait aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes, incluant la pénalisation du voile islamiste dans l’espace public. La proposition suscite immédiatement de vives réactions, à la fois sur le terrain des libertés publiques et sur celui de son application concrète par les forces de l’ordre.

Bruno Retailleau, candidat des Républicains, critique une mesure qu’il juge inapplicable et accuse le RN de populisme. Gabriel Attal, candidat de Renaissance, dit être en désaccord radical avec cette proposition et défend la liberté de croyance et de culte, tout en rappelant qu’il avait lui-même proposé il y a quelques mois d’interdire le voile aux moins de 15 ans au nom de la protection de l’enfance.

Obstacle constitutionnel et stratégie référendaire

La mise en place d’un tel référendum nécessiterait d’abord une révision de la Constitution, l’article 11 encadrant strictement le recours à cette procédure. Jean-Philippe Tanguy estime toutefois que ce texte est extensif et considère que les Français doivent pouvoir se prononcer sur tous les sujets.

Si elle est élue, Marine Le Pen entend engager dès son arrivée une révision plus large de la Constitution pour y inscrire des dispositions sur l’immigration, la nationalité et la primauté du droit national. Elle veut passer directement par référendum en s’appuyant sur l’article 11, alors que le Conseil constitutionnel considère que la seule voie de révision est celle de l’article 89, qui impose un accord identique de l’Assemblée nationale et du Sénat avant un Congrès à Versailles ou un référendum.

Au-delà du débat politique, cette séquence met en évidence un risque institutionnel majeur pour le RN. Même en cas de victoire électorale, la traduction juridique de cette promesse se heurte à des contraintes constitutionnelles qui pourraient en limiter fortement la mise en œuvre.

Dans notre précédent article, nous revenions sur la proposition du RN de soumettre par référendum une loi visant les « idéologies islamistes », incluant la pénalisation du port du voile dans l’espace public. Nous y soulignions les doutes sur la faisabilité juridique et l’applicabilité concrète de la mesure, ainsi que les critiques et risques politiques qu’elle fait peser, notamment au regard de la constitutionnalité et des libertés publiques.

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