Edouard Philippe durcit sa réforme des retraites pour consolider sa position en vue de 2027
A droite et au centre, la course à 2027 entre dans une phase plus exposée avec la présentation par Edouard Philippe de sa réforme des retraites. Le candidat d’Horizons propose de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et l’âge de départ à 65 ans, sur un sujet qui divise jusque dans son propre électorat.
Points forts
- Edouard Philippe veut relever l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans et la durée de cotisation à quarante-cinq ans en moins de dix ans.
- Selon une enquête Ipsos BVA-CESI début septembre, 42 % des électeurs de Philippe soutiennent l'allongement de la durée de cotisation, autant y sont opposés.
- Malgré une avance sur Attal et Retailleau, Philippe reste derrière Marine Le Pen (33–35 %) dans les intentions de vote (14–21 %), tandis qu'il s'endette de 10 millions d'euros pour sa campagne.
Une réforme structurante dévoilée dans un contexte politique sensible
Comme le rapporte Le Monde, l’ancien premier ministre présente mardi 29 septembre, dans une vidéo publiée sur YouTube, un projet visant à faire travailler les Français plus longtemps tout en ménageant des exceptions pour les métiers pénibles et les personnes en mauvaise santé.Edouard Philippe dit vouloir relever, en moins de dix ans, la durée de cotisation à quarante-cinq ans et l’âge légal de départ à 65 ans pour « les Français qui le peuvent ». Il ajoute qu’un Français sur trois pourra partir entre 60 et 64 ans, et défend aussi l’introduction d’une part de capitalisation.
Cette prise de position intervient après des mois d’hésitations sur le calendrier et le format de l’annonce. Elle marque un moment de clarification pour un candidat accusé par ses opposants de flou sur cette question depuis qu’il a évoqué, il y a cinq ans, un départ à 67 ans sans ensuite l’assumer pleinement.
Un test de crédibilité pour son socle électoral
La réforme des retraites reste un point de friction majeur dans l’opinion. Une enquête électorale réalisée début septembre pour Le Monde par Ipsos BVA-CESI, en partenariat avec le Cevipof, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne, montre que les électeurs d’Edouard Philippe au premier tour se répartissent à parts égales entre partisans du statu quo, 42 %, et soutiens à un allongement de la durée de cotisation, 42 %.Dans une compétition encore incertaine pour 2027, le maire du Havre conserve une avance sur Gabriel Attal et Bruno Retailleau, mais son niveau d’intentions de vote, entre 14 % et 21 % selon les scénarios, reste nettement inférieur à celui de Marine Le Pen, donnée entre 33 % et 35 %. Jean-Luc Mélenchon le suit de près, entre 15,5 % et 17 %, et le dépasse parfois, tandis que ses adversaires décrivent une dynamique qui s’essouffle.
Au-delà du contenu de la réforme, l’enjeu est aussi de dissiper l’image d’un favori vulnérable, jugé trop prudent ou trop technocratique par ses détracteurs. Pour ses soutiens, le choix d’assumer une mesure risquée et l’engagement financier personnel du fondateur d’Horizons, qui s’endette à hauteur de 10 millions d’euros pour sa campagne, doivent au contraire renforcer sa crédibilité politique.
Dans notre précédent article sur la réforme des retraites proposée par Édouard Philippe, nous revenions sur sa volonté de relever l’âge légal de départ à 65 ans et de porter la durée de cotisation à 45 ans en moins de dix ans. Nous détaillions aussi les exceptions envisagées (carrières longues, pénibilité) et la place donnée aux partenaires sociaux, ainsi que l’idée d’ajouter un volet de capitalisation via un plan d’épargne-retraite accessible à tous.
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