Banque de France, ACPR et AMF publient la méthodologie d'un test de résistance du système financier
Les autorités financières françaises détaillent le cadre de leur premier stress test mené à l'échelle de l'ensemble du système financier, un exercice lancé en août 2025 auprès de plus de 20 institutions. Ce dispositif exploratoire doit nourrir un rapport final à l'automne 2026 et vise à mesurer comment un choc de marché sévère pourrait se propager entre banques, assureurs et gestionnaires d'actifs.
Points forts
- Banque de France, ACPR et AMF publient une méthodologie de stress test system-wide simulant un choc de marché sur dix jours ouvrés, plus sévère que les pires épisodes des vingt dernières années.
- L'exercice couvre banques, assureurs et gestionnaires d'actifs, combinant déclarations bottom-up et modélisation top-down pour estimer les effets de contagion et de liquidité à l'échelle du système.
- L'objectif principal est d'identifier les réactions défensives aggravant les tensions, en détectant les incohérences systémiques liées à la concentration de ventes d'actifs ou besoins de liquidité simultanés.
Méthodologie et calendrier de l'exercice
Comme l'indique l'Autorité des marchés financiers, la Banque de France, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et l'AMF publient un rapport intermédiaire méthodologique sur ce premier exercice de stress test « system-wide » conduit en France. Le document présente les objectifs, l'architecture et le scénario retenu, fondé sur la simulation d'un choc de marché sur dix jours ouvrés, d'une sévérité supérieure à la plus mauvaise quinzaine observée au cours des vingt dernières années.L'exercice couvre les secteurs de la banque, de l'assurance et de la gestion d'actifs, y compris l'ensemble des banques d'importance systémique mondiale établies en France. Contrairement aux tests de résistance classiques, centrés sur un seul secteur, il cherche à évaluer la diffusion d'un choc au sein du système financier et les effets des réactions de gestion des participants, notamment sur la liquidité.
L'approche combine une collecte bottom-up des réactions déclarées par les institutions et un module top-down permettant aux autorités de modéliser les acteurs non participants et d'estimer les effets de second tour. Après un premier tour dont les estimations ont été reçues et sont encore analysées, un second tour doit être lancé dans les prochains jours, puis alimenté par les enseignements agrégés restitués aux participants.
Risques de contagion et portée pour le secteur financier
L'analyse se concentre sur trois canaux de transmission déjà observés lors d'épisodes récents de tensions, les expositions croisées entre acteurs, la concentration de positions similaires pouvant provoquer des ventes forcées, et les besoins de liquidité liés notamment aux appels de marge et aux opérations de pension. Les autorités veulent ainsi repérer les circonstances dans lesquelles des réactions défensives individuelles peuvent aggraver la situation de l'ensemble du marché.L'un des points distinctifs de l'exercice tient à la collecte des comportements anticipés des participants, qui précisent les marchés visés, le calendrier de leurs interventions, les volumes concernés et les contreparties impliquées. Cette méthode doit aider à détecter d'éventuelles incohérences systémiques, par exemple si plusieurs institutions prévoient simultanément de vendre les mêmes actifs ou de recourir aux mêmes sources de liquidité.
Les autorités soulignent que l'exercice se déroule dans un système financier français jugé solide et qu'il n'emporte aucune conséquence pour la supervision individuelle des participants, la participation restant volontaire. Elles inscrivent aussi cette initiative dans le prolongement d'un exercice comparable mené par les autorités du UK et achevé fin 2024.
Notre précédente analyse sur l’action Crédit Agricole SA (ACA) faisait le point sur sa configuration technique, avec un cours au-dessus des principales moyennes mobiles et plusieurs signaux d’achat malgré des conditions de surachat. Elle mettait en avant une phase probable de consolidation dans une fourchette 16,91 €–17,87 €, avec 17,87 € identifié comme niveau clé en cas de cassure haussière, sur fond de volatilité du secteur bancaire européen.
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