Elixir conserve sa note d’émetteur BB chez Scope, tandis que la note de sa dette obligataire est abaissée

Elixir conserve sa note d’émetteur BB chez Scope, tandis que la note de sa dette obligataire est abaissée
Note BB, obligation abaissée

Le groupe serbe de chimie Elixir conserve une notation d’émetteur BB avec perspective stable, tandis que la note de son obligation verte senior non garantie de 4,1 milliards de dinars serbes est abaissée à BB. Cette révision reflète une approche plus prudente de la valeur de recouvrement dans un scénario de liquidation hypothétique, sans détérioration de la performance opérationnelle, du profil financier ou de la qualité de crédit sous-jacente.

Points forts

  • Scope maintient la note d'émetteur BB à perspective stable pour Elixir Group mais abaisse la note de la dette obligataire en raison d'une évaluation plus conservatrice du recouvrement.
  • Elixir prévoit d'atteindre un EBITDA d'environ 120 millions d’euros en 2026, soutenu par de nouvelles installations et un renforcement de son positionnement industriel.
  • Elixir détient environ 3% du marché européen des engrais et 15% du segment phosphate, avec une capacité portée à 420 kilotonnes de P₂O₅ par an dans l’acide phosphorique.

Révision de la dette et profil de crédit

Comme l’indique Scope Ratings, l’abaissement de la note de la dette résulte de la suppression du relèvement d’un cran précédemment accordé au titre du recouvrement, et non d’une dégradation des fondamentaux du groupe. L’agence explique que cette décision tient à une évaluation plus conservatrice des actifs spécialisés de traitement du phosphate et à la présence de dettes de rang supérieur susceptibles de peser sur le recouvrement.

Scope maintient en parallèle la note d’émetteur BB avec perspective stable pour Elixir Group d.o.o. L’agence estime que la révision repose surtout sur une appréciation moins favorable de la diversification des actifs et des produits, même si la montée en puissance de nouvelles installations a renforcé l’échelle, la position de marché et la rentabilité du groupe.

Elixir reste un acteur européen de taille relativement modeste face aux grands producteurs d’engrais, mais son profil industriel s’est renforcé après l’achèvement de son récent cycle d’investissement. Scope s’attend à ce que l’EBITDA atteigne environ 120 millions d’euros en 2026.

Positionnement industriel et effets sur le secteur

Dans les engrais, Scope évalue la position de marché d’Elixir comme modérée, avec une part d’environ 3% en Europe et d’environ 15% dans les engrais à base de phosphate, soutenue par une forte présence en Serbie et par une dynamique régionale d’approvisionnement favorable. Dans l’acide phosphorique, le groupe dispose désormais d’un positionnement plus solide après la mise en service d’une nouvelle installation qui porte sa capacité à environ 420 kilotonnes de P₂O₅ par an, ce qui en fait le plus grand producteur européen en capacité installée.

La rentabilité opérationnelle reste un soutien pour la notation, même si elle demeure volatile en raison de l’exposition aux marchés des matières premières. Scope souligne que les marges EBITDA ajustées ont historiquement évolué entre 8% et 28%, illustrant une cyclicité marquée, tout en anticipant désormais une stabilisation autour de 20% à moyen terme.

Le profil de risque financier bénéficie d’un levier modéré et d’une couverture des intérêts jugée robuste. Scope a relevé son appréciation de la couverture des flux de trésorerie après l’achèvement réussi du programme d’investissement, avec l’hypothèse d’un renforcement continu du levier et de la couverture des intérêts grâce à la hausse des bénéfices et à une affectation croissante des flux de trésorerie disponibles au désendettement.

Dans notre précédent article sur la feuille de route budgétaire française pour financer la transition écologique, nous expliquions que le projet de loi de finances 2027 s’appuie sur une stratégie pluriannuelle visant à orienter les investissements publics et privés nécessaires à la décarbonation et à l’adaptation au changement climatique. Nous rappelions notamment l’estimation de 102 milliards d’euros d’investissements verts annuels en 2024, appelés à doubler d’ici 2030, ainsi que la hausse des dépenses environnementales et le ciblage d’enveloppes comme le Fonds vert pour les collectivités.

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