Crédit immobilier, les banques abaissent leurs taux pour relancer la production en France

Crédit immobilier, les banques abaissent leurs taux pour relancer la production en France
Banques baissent les taux

À l’approche de la période traditionnellement la plus dynamique pour l’immobilier, les établissements de crédit réajustent déjà leurs grilles pour tenter de capter de nouveaux dossiers. L’inflexion apparaît dans les premiers barèmes de mars, après une remontée des taux observée depuis l’automne, selon l’observatoire Crédit Logement/CSA publié le 5 mars.

Points forts

  • En mars 2025, la majorité des banques françaises abaissent leurs taux immobiliers de 0,10 à 0,40 point, offrant 3,15% sur quinze ans pour relancer la production.
  • Les ventes de neuf atteignent 92 353 transactions en 2025, plus bas niveau en 30 ans, tandis que la durée moyenne des crédits progresse à 22,5 ans, un record.
  • Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient risquent d'alourdir les taux obligataires et d'accroître le coût du crédit immobilier, malgré l'objectif bancaire d'élargir leur base clients.

Baisse des barèmes, objectif de volumes

Selon un récent article publié par Forbes France, l’observatoire Crédit Logement/CSA publié le 5 mars, la hausse des taux amorcée en septembre 2025 s’est accélérée en début d’année, avec un taux moyen en hausse de 4 points de base en janvier puis de 5 points en février. Malgré ce mouvement, les premiers barèmes bancaires de mars indiquent un retournement à court terme. D’après les courtiers, la majorité des banques ont abaissé leurs taux de 0,10 à 0,40 point pour attirer les emprunteurs. Les taux moyens se situent désormais autour de 3,15 % sur quinze ans, 3,35 % sur vingt ans et 3,55 % sur vingt-cinq ans. Les banques ajustent aussi leurs conditions en fonction de leurs objectifs commerciaux et des profils recherchés afin d’élargir leur clientèle.

Marché du neuf, contraintes HCSF et durées record

Dans l’immobilier neuf, les ventes ont atteint en 2025 leur plus bas niveau depuis 30 ans, avec 92 353 transactions, soit près de 11% de moins qu’en 2024, selon le texte. Les professionnels misent sur un redémarrage au cours du millésime en cours, alors que les signaux de l’offre se redressent. Les permis de construire pour les logements collectifs progressent de 19,8% au niveau national et les mises en vente augmentent de 9,4%, ce qui suggère une reprise de certains programmes. Côté financement, la durée moyenne des crédits immobiliers grimpe à 22,5 ans, un record d’après l’observatoire Crédit Logement/CSA. Près de la moitié des nouveaux prêts s’étendent désormais entre 25 et 30 ans, même si les banques restent encadrées par les règles du Haut Conseil de stabilité financière, qui limitent notamment la durée standard à 25 ans et le taux d’endettement à 35% des revenus.

Risque obligataire et visibilité sur les taux en 2026

La trajectoire des taux immobiliers demeure liée à celle des taux d’emprunt d’État, notamment l’OAT à dix ans, référence pour les banques. Le texte souligne que le regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient après des frappes américano-israéliennes fin février pourrait raviver l’incertitude et pousser les taux obligataires à la hausse. Un tel scénario augmenterait le coût du crédit immobilier et pourrait peser sur la demande si les ménages repoussaient leurs projets d’achat. Jusqu’ici, la plupart des acteurs anticipaient plutôt une stabilité des taux en 2026, avec l’hypothèse, pour les plus optimistes, d’un passage sous 3% si l’inflation ralentit et si le déficit public français reste sous 5%. Dans ce contexte, l’objectif des banques est d’accélérer la production, une stratégie résumée par Sandrine Allonier, porte-parole du réseau bancaire, qui évoque la volonté d’« élargir leur cible de clientèle » afin d’atteindre des objectifs de volumes malgré un environnement jugé incertain.

Nous avons précédemment rapporté que la hausse des tensions géopolitiques au Moyen-Orient alimentait la demande de valeur refuge pour l’argent (XAG), tout en maintenant une forte volatilité des prix. Notre publication soulignait aussi des signaux techniques mitigés, avec une consolidation attendue dans une zone clé tant que les niveaux de support et de résistance n’étaient pas franchis de manière décisive.

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