Le Rassemblement national redéfinit sa ligne économique à l'approche de la présidentielle
À un an de l'élection présidentielle, le Rassemblement national reste difficile à classer sur le terrain économique malgré sa progression politique depuis 2011. Cette évolution alimente les doutes sur sa stratégie future, alors que le parti cherche à la fois à séduire un électorat plus libéral et à préserver son ancrage populaire.
Points forts
- Depuis 2011, le Rassemblement national, sous Marine Le Pen, abandonne progressivement son rejet de l'euro pour séduire les milieux économiques.
- Le débat de l'entre-deux-tours en 2017 a discrédité la sortie de l'euro comme projet monétaire, affaiblissant durablement cette option au sein du RN.
- À l'approche de la présidentielle, le RN maintient une ligne économique floue, oscillant entre protectionnisme, discours pro-populaire et attractivité pour les entreprises.
Un repositionnement économique engagé depuis 2011
Comme le rapporte Le Monde, le parti dirigé par Marine Le Pen modifie progressivement ses repères économiques depuis sa prise de contrôle en 2011. Longtemps présenté comme ni de droite ni de gauche, le mouvement déplace plusieurs curseurs vers la droite et cherche désormais, sous l'impulsion de Jordan Bardella, à rassurer les milieux économiques.Au début de l'ère Marine Le Pen, le programme du Front national repose largement sur la promesse d'un retour au franc et d'une sortie de l'euro, l'euro étant alors désigné comme la cause centrale des difficultés économiques. Cette orientation est portée avec insistance par Florian Philippot, alors numéro deux du parti, malgré des résistances internes.
Le débat d'entre-deux-tours de la présidentielle de 2017 marque toutefois un tournant. La faiblesse perçue de ce projet monétaire apparaît alors comme un facteur de rejet pour de nombreux acteurs économiques, ce qui fragilise durablement cette ligne au sein du parti.
Une ligne encore floue pour les électeurs et les entreprises
Malgré ce recentrage, le RN peine encore à afficher une doctrine économique clairement identifiable. La formation entretient ainsi une ambiguïté entre un discours favorable aux catégories populaires et une volonté croissante de parler à un électorat plus libéral et aux dirigeants d'entreprise.Cette hésitation brouille son identité politique au moment où il est présenté comme l'un des favoris pour la prochaine présidentielle. Dans l'attente de son programme officiel, des interrogations persistent sur l'équilibre qu'il entend adopter entre protectionnisme, crédibilité économique et attractivité auprès des milieux d'affaires.
Dans notre précédent article sur la revalorisation automatique du Smic au 1er juin, nous expliquions que la hausse mécanique de 2,4 % du salaire minimum remettait immédiatement le coût du travail au cœur des arbitrages. Nous soulignions aussi que le débat sur l’ajustement des exonérations de cotisations sociales, avec un enjeu estimé à environ 2 milliards d’euros pour les finances publiques, opposait compétitivité des entreprises et maîtrise du budget de l’État.
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