France, le débat sur le temps de travail s’impose dans la présidentielle 2027

France, le débat sur le temps de travail s’impose dans la présidentielle 2027
Débat clé sur le travail

À un an de l’élection présidentielle de 2027, la question du travail revient au centre du débat politique français avec des propositions axées sur l’allongement du temps de travail. Cette ligne est défendue par plusieurs figures du bloc central, de la droite et du Rassemblement national, tandis que les syndicats et la gauche mettent en avant les conditions de travail, le sens donné à l’emploi et la démocratie en entreprise.

Points forts

  • Plusieurs candidats potentiels à la présidentielle 2027, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau, proposent la fin des 35 heures et la défiscalisation des heures supplémentaires.
  • Le Rassemblement national se positionne pour travailler plus tout en visant à renforcer le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires, selon Marine Le Pen et Jordan Bardella.
  • Les syndicats et la gauche recentrent le débat sur la qualité et les conditions de travail, opposant la durée à une organisation plus équitable et démocratique du travail.

Des propositions centrées sur le « travailler plus »

Comme le rapporte Le Monde, plusieurs candidats potentiels reprennent, chacun à leur manière, le mot d’ordre lancé par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, « travailler plus pour gagner plus ». Vingt ans plus tard, le travail redevient un thème structurant du scrutin, dans un contexte de tensions sur les finances publiques et de débat sur la compétitivité de l’économie française.

Parmi les mesures avancées figurent la fin des 35 heures, la défiscalisation des heures supplémentaires et un nouveau report de l’âge légal de départ à la retraite. En juin 2025, le maire Horizons du Havre, Edouard Philippe, défend l’idée de « travailler plus longtemps dans la semaine, plus longtemps dans l’année et plus longtemps dans la vie ».

Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, inscrit lui aussi cette orientation dans son programme. Dans une tribune publiée le 2 mai, il dit vouloir « instaurer la priorité travail » et plaide pour « sortir des 35 heures par le haut », avec des heures supplémentaires pour tous ceux qui le souhaitent.

Un clivage social et politique plus large

Le Rassemblement national adopte une ligne proche, tout en cherchant à concilier crédibilité économique auprès des entreprises et discours en faveur des classes moyennes et populaires. Marine Le Pen écrit sur X, le 2 mai, « Travailler plus, pour garder plus : nous rendrons aux Français le fruit de leur travail ! », tandis que Jordan Bardella appelle, dans Le Journal du dimanche du 26 avril, à « la défense du travail qui paie ».

Face à cette séquence, les syndicats et la gauche tentent de déplacer le débat vers la qualité du travail plutôt que vers sa seule durée. Leur position met l’accent sur les conditions de travail, la quête de sens et la démocratie en entreprise, dessinant un affrontement plus large sur l’organisation du travail et la répartition de ses gains.

Dans notre précédent article sur le repositionnement économique du Rassemblement national, nous expliquions comment le parti a progressivement abandonné la sortie de l’euro pour chercher à rassurer les milieux économiques, tout en conservant un discours protecteur pour son électorat populaire. Nous soulignions aussi que, à l’approche de la présidentielle, cette ligne reste souvent jugée floue, partagée entre crédibilité budgétaire, attractivité pour les entreprises et promesses sociales.

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