France, le rôle du premier ministre redevient central dans la course à 2027
La préparation de l’élection présidentielle de 2027 relance en France le débat sur le partage du pouvoir entre l’Elysée et Matignon. La perte de la majorité absolue en 2022, puis de la majorité à l’Assemblée nationale en 2024, replace la figure du premier ministre au cœur des stratégies des prétendants.
Points forts
- Plusieurs responsables politiques français, dont Dominique de Villepin et Bruno Le Maire, défendent en 2024 une répartition duale des rôles exécutifs en vue de 2027.
- L’affaiblissement de l’exécutif à l’Assemblée et la dissolution perdue en 2024 poussent Emmanuel Macron à accorder davantage d’autonomie au premier ministre.
- Le regain d’intérêt pour le poste de premier ministre influence les stratégies des prétendants à la présidentielle 2027, dont François Hollande et Edouard Philippe.
Rééquilibrage institutionnel en vue de 2027
Comme l’analyse Le Monde, plusieurs responsables politiques défendent de nouveau une organisation plus duale de l’exécutif, dans laquelle le président se concentre sur la scène internationale et l’arbitrage national, tandis que le premier ministre prend en charge la gestion courante et l’animation de la majorité parlementaire.Dominique de Villepin et Bruno Le Maire s’inscrivent dans cette logique de répartition des tâches. Leur lecture renvoie à une période déjà marquée par une forte tension politique, entre mai 2005 et mai 2007, après l’échec du référendum sur le traité constitutionnel européen.
Cette recomposition institutionnelle regagne du terrain depuis l’affaiblissement progressif de l’exécutif à l’Assemblée. Dans une Ve République souvent décrite comme plus verticale depuis l’instauration du quinquennat en 2000, la dyarchie redevient ainsi une option mise en avant par plusieurs candidats potentiels.
Impact politique sur les stratégies des prétendants
Le retour en grâce du poste de premier ministre influence désormais directement les positionnements en vue de 2027. François Hollande, un temps favorable à la suppression de cette fonction, en est redevenu l’un des défenseurs les plus affirmés.Gabriel Attal estime qu’il faudra distinguer ce qui relève du président de la République et ce qui relève du gouvernement, chargé de garantir la majorité. Edouard Philippe évoque, pour sa part, une élection de recomposition, suggérant une redistribution plus large des équilibres institutionnels.
Cette évolution s’inscrit aussi dans la pratique récente du pouvoir. Sous l’effet des événements et après une dissolution perdue en 2024, Emmanuel Macron est contraint de laisser une autonomie plus réelle à Matignon, ce qui renforce la crédibilité d’un exécutif moins concentré à l’Elysée.
Dans notre précédent article sur les divisions de la gauche non mélenchoniste à l’approche de 2027, nous expliquions que la multiplication des candidatures et l’absence de méthode crédible pour désigner un candidat commun fragilisent son poids politique. Nous soulignions aussi le déficit d’idées nouvelles et de ligne unifiée, qui tend à renforcer Jean-Luc Mélenchon dans une conjoncture économique et géopolitique plus tendue.
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