La CSI signale une détérioration mondiale des droits des travailleurs, la France à son pire niveau
L’édition 2026 de l’indice mondial de la Confédération syndicale internationale montre un recul plus large des droits des travailleurs, que l’organisation présente comme un phénomène désormais ancré au cœur des démocraties. En France, cette dégradation se traduit par son plus mauvais classement, sur fond de répression de militants syndicaux et de restrictions imposées aux manifestations.
Points forts
- La 13e édition de l’indice mondial de la CSI révèle en 2026 une détérioration record des droits des travailleurs, touchant particulièrement l’Europe et les États-Unis.
- La France atteint son plus bas niveau historique selon la CSI, avec une aggravation de la répression syndicale et des restrictions sur les manifestations dans un contexte d’hostilité croissante.
- L'Argentine affiche l’un des reculs les plus forts de l’indice en deux ans et rejoint les pays les plus défavorables aux travailleurs, selon une étude couvrant 151 pays.
Indice 2026 et dégradation dans les grandes démocraties
Comme l’indique la Confédération syndicale internationale dans un article de Le Monde, la treizième édition de son indice des droits dans le monde fait apparaître une hausse du nombre de pays qui refusent aux travailleurs l’accès à la justice, les placent en détention, recourent à la violence ou portent atteinte à la liberté d’expression et de réunion. L’organisation affirme que les notes des pays européens et américains atteignent leur pire niveau depuis la première édition de l’indice en 2014, ce qui, selon elle, confirme une crise devenue systémique.La CSI estime que des pays longtemps considérés comme stables, dont les Etats-Unis et la France, alimentent désormais cette recrudescence de la répression. Pour les Etats-Unis, elle met en avant des restrictions de la négociation collective et le recours à la force contre les travailleurs, au point d’intégrer le pays à sa liste de surveillance.
Luc Triangle, secrétaire général de la CSI, déclare que l’édition 2026 montre que la crise des droits des travailleurs ne se limite plus à des cas marginaux. Il dénonce une attaque coordonnée contre la démocratie, dans laquelle les travailleurs sont privés de leurs droits tandis que les économies sont orientées au profit d’un nombre restreint d’acteurs puissants.
France, Argentine et tendances structurelles sous surveillance
Pour la France, la confédération relève un déclin prolongé des droits des travailleurs, marqué notamment par la répression des militants syndicaux et par des restrictions sur les manifestations. Plus largement, elle observe en Europe une montée de l’hostilité envers les syndicats et leurs membres dans un contexte de progression de l’extrême droite.La CSI identifie aussi trois tendances structurelles, avec des dirigeants syndicaux de premier plan pris pour cibles par des arrestations, des violences ou des poursuites, une surveillance numérique accrue du personnel, et une moindre consultation des syndicats lors de l’adoption de nouvelles lois sociales. L’étude couvre 151 pays à partir de 97 indicateurs fondés sur les conventions de l’Organisation internationale du travail et sur sa jurisprudence.
Parmi les pays dont la situation se dégrade, l’Argentine enregistre l’un des plus forts reculs de l’indice en deux ans et rejoint les pires pays au monde pour les travailleurs. Le Panama entre lui aussi dans ce groupe, aux côtés notamment de la Biélorussie, de l’Egypte, de l’Equateur, de l’Eswatini, de la Birmanie, du Nigeria, de la Tunisie et de la Turquie. A l’inverse, huit pays seulement figurent parmi les mieux classés, presque tous en Europe, à l’exception de l’Uruguay.
Dans notre précédent article sur le recul des droits des travailleurs mis en lumière par l’indice 2026 de la Confédération syndicale internationale (CSI), nous rappelions que la détérioration ne concerne plus seulement certains pays, mais touche aussi des démocraties comme la France et les États-Unis. Nous soulignions notamment la multiplication des restrictions aux libertés syndicales, les pressions sur la négociation collective, ainsi que la montée de la surveillance numérique et la mise à l’écart des syndicats dans l’élaboration des lois du travail.
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