Les communes portent l’investissement à un niveau record et alourdissent leur dette

Les communes portent l’investissement à un niveau record et alourdissent leur dette
Dette et investissements records

À l’issue du cycle municipal clos en mars, de nombreux projets locaux arrivent seulement maintenant au stade des inaugurations, après un mandat marqué par un effort d’équipement exceptionnel. Cette dynamique soutient l’activité publique locale, mais le recours accru à l’emprunt rend les collectivités plus exposées en cas de remontée des taux d’intérêt.

Points forts

  • Les communes et groupements de communes ont accru leur effort d’équipement de 10 % sur 2020-2025 par rapport au mandat précédent, soit 21 milliards d’euros supplémentaires.
  • Le volume d’investissements du mandat clos en mars atteint presque le record de 2008 et dépasse largement ceux des cycles 1995 et 2001, malgré l’inflation dans le secteur.
  • Cette hausse massive de l’investissement s’accompagne d’une augmentation de l’endettement communal, exposant davantage les finances locales à une remontée des taux d’intérêt.

Un cycle d’investissements exceptionnel en fin de mandat

Comme l’a rapporté Le Monde, les inaugurations se multiplient depuis les élections municipales de mars, alors que les élus observaient auparavant une période de retenue pour éviter que ces cérémonies ne prennent une dimension d’autopromotion. À Pommeret, Beauziac, Belfort ou encore Calvi, plusieurs équipements publics ouvrent ainsi avec un décalage par rapport au calendrier électoral habituel.

En règle générale, les équipes municipales lancent leurs projets en début de mandat puis les inaugurent avant le scrutin suivant. Mais certains chantiers nécessitent davantage de temps, ce qui explique que plusieurs réalisations n’aboutissent qu’après l’élection, dans un contexte où le volume d’investissements engagés a été particulièrement important.

Selon l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales, les communes et groupements de communes ont réalisé sur la période 2020-2025 un effort d’équipement supérieur de 10 % à celui du mandat précédent, à prix constants. Cela représente l’équivalent de 21 milliards d’euros supplémentaires, plaçant le mandat clos en mars à un niveau presque comparable au record observé en 2008, et nettement au-dessus des cycles de 1995 et 2001.

Une pression accrue sur la soutenabilité financière locale

Le montant global de ces investissements a aussi été gonflé par la forte inflation dans le bâtiment et les travaux publics après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Même corrigée de cet effet-prix, la progression reste marquée, ce qui souligne l’ampleur de l’effort consenti par les collectivités sur les équipements locaux.

Pour les finances communales, cette montée en puissance de l’investissement s’accompagne toutefois d’une vulnérabilité plus forte liée à l’endettement. Le recours croissant à l’emprunt peut accroître la sensibilité des budgets locaux à une éventuelle hausse des taux d’intérêt, avec des répercussions possibles sur la capacité future de financement des projets publics.

Dans notre précédent article sur le fonds régional breton Breizh Rebond, nous expliquions comment ce dispositif public-privé intervient pour soutenir des PME fragilisées par des chocs de coûts et de trésorerie depuis la crise du Covid-19. Nous revenions notamment sur le cas de La Trinitaine, sauvée d’une fermeture après son placement en redressement judiciaire grâce à l’entrée de Breizh Rebond au capital, afin de préserver l’activité industrielle et l’emploi dans la région.

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