Le RN et LFI enterrent le Frexit à l’approche de la présidentielle de 2027
Dix ans après le vote britannique du 23 juin 2016, l’idée d’une sortie de la France de l’Union européenne n’occupe plus de place centrale dans le débat partisan. À l’ouverture de la campagne présidentielle de 2027, ni le Rassemblement national ni La France insoumise ne défendent désormais une rupture avec l’UE.
Points forts
- Le Rassemblement National a officiellement abandonné la proposition de Frexit depuis 2017, jugeant la sortie de l’UE trop brutale pour l'électorat.
- Philippe Olivier explique que la position antieuropéenne a causé une forte disqualification électorale pour le FN, davantage que la thématique migratoire.
- La France Insoumise et ses alliés ne revendiquent plus non plus de rupture nette avec l’UE, confirmant un infléchissement stratégique majeur.
Virage stratégique après l’épisode Brexit
Comme le rapporte Le Monde, le recul du « Frexit » apparaît particulièrement net au sein de la famille lepéniste, qui en faisait pourtant un marqueur majeur lors des campagnes de 2012 et 2017, avec la sortie de l’UE et l’abandon de l’euro parmi ses propositions centrales.En 2016, après le référendum britannique, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon saluent publiquement le Brexit, chacun y voyant la confirmation de sa critique de l’ordre européen. Mais cette orientation perd ensuite de sa force politique en France, où l’idée d’une sortie de l’UE reste marginale.
Le changement le plus marqué intervient à l’été 2017, lorsque Marine Le Pen engage une réorientation après l’échec de la présidentielle et des législatives. Philippe Olivier, député européen et proche conseiller de la dirigeante du RN, explique que la refondation lancée en juillet remet à plat à la fois le nom du parti et la question de la sortie de l’UE et de l’euro, le sujet étant jugé trop dur et trop brutal pour l’électorat.
Un repositionnement dicté par le coût politique
Selon Philippe Olivier, le FN subit alors une forte disqualification sur ce thème, davantage que sur l’immigration, ce qui contribue à rendre la ligne du Frexit électoralement pénalisante. Cette lecture éclaire le virage opéré par le parti, qui cherche depuis à recentrer son discours sur des propositions jugées plus audibles.Du côté des formations mélenchonistes, l’abandon d’une rupture nette avec l’Union européenne confirme également un infléchissement stratégique. Alors que ces courants avaient autrefois défendu, pour des motifs différents de ceux du FN, une confrontation frontale avec les règles européennes, ils ne portent plus aujourd’hui l’option d’une sortie française de l’UE.
Dans notre précédent article sur la dissolution de l’Assemblée nationale après les européennes de 2024, nous expliquions comment l’absence de majorité a durablement fragilisé l’exécutif tout en maintenant Emmanuel Macron au centre du jeu politique. Nous soulignions aussi que sa présence sur la scène internationale et sa défense de son bilan intérieur compliquent la recomposition des forces politiques et retardent l’émergence de successeurs clairs en vue de 2027.
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