France relègue l’option de sortie de l’UE au second plan à l’approche de 2027
Dix ans après le vote britannique du 23 juin 2016, l’idée d’une sortie de la France de l’Union européenne ne figure plus parmi les axes défendus par les principales forces politiques qui l’avaient un temps portée. À l’approche de la campagne présidentielle de 2027, le Rassemblement national comme La France insoumise s’éloignent d’une proposition jugée trop clivante et peu comprise par l’électorat.
Points forts
- Le Rassemblement national et les formations proches de Jean-Luc Mélenchon ont abandonné la revendication d'une sortie de l'UE depuis 2017.
- Le revirement du Rassemblement national s'opère après son échec politique de 2017, avec une refondation dès juillet et une atténuation du discours anti-UE.
- Les partis jugent que la proposition de quitter l'UE est perçue comme trop brutale par l'opinion, accentuant leur marginalisation face aux électeurs français.
Recul politique d’une ligne défendue dans les années 2010
Comme le rapporte Le Monde, la revendication d’une rupture nette avec l’Union européenne a marqué une partie des années 2010, portée pour des raisons différentes par le Front national, devenu depuis le Rassemblement national, ainsi que par les formations successives liées à Jean-Luc Mélenchon.Au lendemain du référendum britannique de 2016, les dirigeants de ces courants saluent le Brexit. Jean-Luc Mélenchon affirme alors que l’Union européenne doit être changée ou quittée, tandis que Marine Le Pen appelle à l’organisation d’un référendum similaire en France et dans les autres pays de l’UE.
Cette orientation s’efface ensuite du débat stratégique de ces partis. Le changement le plus net concerne les lepénistes, pour lesquels le « Frexit » et la sortie de l’euro occupent encore une place centrale dans les campagnes présidentielles de 2012 et 2017, avant un revirement engagé à l’été 2017.
Un repositionnement dicté par le rapport des électeurs à l’UE
Philippe Olivier, député européen et proche conseiller de Marine Le Pen, explique que cette révision intervient après les élections présidentielle et législatives de 2017, dans un contexte d’affaiblissement politique du parti. Il indique qu’une refondation est lancée dès juillet, avec une remise à plat du nom du parti comme de la ligne sur la sortie de l’UE et de l’euro.Selon lui, la direction du parti comprend alors que cette proposition apparaît trop dure et trop brutale pour une partie de l’opinion. Il estime aussi que le FN subit sur ce thème une disqualification plus forte que sur l’immigration, signe que la sortie de l’Union européenne reste une option marginale dans le paysage politique français.
Dans notre précédent article sur le recul du « Frexit » dans le débat politique français, nous expliquions que dix ans après le Brexit, ni le Rassemblement national ni La France insoumise ne portent encore l’idée d’une rupture nette avec l’Union européenne. Nous rappelions que le RN a opéré un virage dès l’été 2017, la sortie de l’UE et de l’euro étant jugée trop brutale et électoralement coûteuse, tandis que les formations mélenchonistes ont elles aussi infléchi leur stratégie.
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