La Corse obtient un premier feu vert parlementaire pour son projet d’autonomie

La Corse obtient un premier feu vert parlementaire pour son projet d’autonomie
Corse vers autonomie

Après plusieurs reports liés à la crise politique nationale, le projet de révision constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse franchit une nouvelle étape à l’Assemblée nationale le 23 juin. Ce vote relance un chantier institutionnel ouvert de longue date, alors que les élus corses visent une adoption définitive par le Parlement réuni en Congrès d’ici à la fin de 2026.

Points forts

  • L’Assemblée nationale a approuvé le principe d’une autonomie pour la Corse, amorçant la révision constitutionnelle après trois ans de négociations.
  • La version actuelle du texte ne retient pas toutes les revendications majeures, telles que la co-officialité de la langue corse et le statut de résident.
  • L’adoption définitive du projet par le Congrès à Versailles est espérée d’ici fin 2026, conditionnant la redéfinition des relations institutionnelles avec l’État.

Un projet institutionnel relancé après trois ans de négociations

Comme le rapporte Le Monde, l’Assemblée nationale approuve le principe d’une « autonomie » de la Corse, au terme d’un processus de discussion engagé entre le gouvernement et les élus de l’île. Le texte s’inscrit dans une modification de la Constitution destinée à accorder à la Corse un statut spécifique, après trois ans d’échanges politiques.

La question de l’autonomie corse remonte aux années 1970, dans un contexte marqué par la montée des mouvements indépendantistes et par le recours à la violence sur l’île. Le dossier revient au centre des négociations en 2022, après l’assassinat en prison d’Yvan Colonna sur le continent et la vague de protestation qui suit.

Le « processus de Beauvau », lancé par Gérald Darmanin sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, débouche sur un accord en mars 2024, ensuite voté par l’Assemblée de Corse. La présentation du texte au Parlement est toutefois repoussée à plusieurs reprises, d’abord avec la dissolution de juin 2024, puis avec la chute du gouvernement Bayrou en septembre 2025.

Des compétences encore débattues et un calendrier politique serré

Parmi les principales revendications portées par les élus corses figurent la co-officialité de la langue corse, la création d’un statut de résident et la possibilité d’adapter ou d’écrire des lois spécifiques à l’île. Toutes ces demandes ne sont cependant pas retenues dans la version actuelle du projet de loi.

Le vote de l’Assemblée nationale ne met pas fin aux oppositions, qui restent nombreuses autour de la portée réelle de cette autonomie et de ses conséquences institutionnelles. Les élus corses espèrent désormais une adoption du texte par le Parlement réuni en Congrès à Versailles d’ici à la fin de l’année 2026, ce qui ouvrirait la voie à une redéfinition durable des relations entre l’île et l’Etat.

Dans notre précédent article sur le vote solennel du projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse, nous expliquions que le texte arrivait à l’Assemblée nationale dans un climat de consensus plus large qu’attendu, malgré une majorité susceptible d’être réduite par des abstentions. Nous rappelions aussi que, même après ce vote, la réforme devait encore être adoptée dans les mêmes termes par le Sénat avant d’être soumise au Congrès, ce qui maintenait un risque politique et institutionnel.

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